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Des clouds de confiance comme alternative

Face aux grands acteurs américains du cloud, les Français ont une carte à jouer, et pas seulement sur la souveraineté. Reste aussi aux entreprises, aux prestataires et aux pouvoirs publics de soutenir leur industrie locale et européenne.

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Juin 2022
Par Benoit Huet

Et si le label cloud de confiance mis en place par les pouvoirs publics et délivré par l’Anssi (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information) redonnait une dynamique aux acteurs français. En attendant, ces derniers (Cheops, Outscale, Blue, Ikoula, OVHCloud, Scaleway et bien d’autres) n’ont pas attendu ce label pour contrer, à leur niveau, l’hégémonie des acteurs américains, ils se renforcent sur plusieurs ponts clés : infrastructure, sécurité, écosystème et souveraineté. Ces clouds de confiance, il en existe finalement une multitude en France, certains opérateurs agissent au niveau européen voire mondial, d’autres au niveau national ou seulement en local, mais tous mettent en avant la souveraineté et la sécurité de leurs offres, leur proximité avec leurs clients, un catalogue élargi de solutions et de services, sans oublier la carte du savoir-faire local et du sur-mesure. Leur but n’est pas non plus d’être totalement hermétique aux clouds américains (AWS, Azure et Google Cloud), certains sont d’ailleurs ouverts vers des services provenant de ces grands clouds publics à l’image d’OVH Cloud vers Google. En outre, de nouveaux clouds verront aussi le jour comme celui d’Orange et de Capgemini avec Bleu dont l’objectif est de porter, par exemple, la pile de logiciels de Microsoft. En clair, tous les services clouds, y compris le support client, seront entièrement opérés depuis la France par les ressources de la société et sous son contrôle. Ainsi, les données devraient échapper au Cloud Act et au FISA américains, théoriquement. Toutefois, cette offre Bleu n’existe toujours pas comme celles d’Atos – Google et de Thales – Google.

Une souveraineté portée à l’échelle européenne

L’enjeu de la souveraineté ne se place pas qu’au niveau national, elle se positionne aussi à l’échelle européenne avec Gaia-X, le projet franco-allemand qui définira les modèles d’interopérabilité par secteurs d’activités. À noter que, Gaia-X n’est pas fermé aux entreprises américaines : Cisco, Microsoft, AWS ou encore Google font d’ailleurs partie des membres. Ce qui n’est pas au goût de tout le monde, Scaleway a par exemple annoncé son départ du projet mais reste, en revanche, membre de Euclidia. Car cette alliance cloud européenne se positionne comme une alternative 100 % européenne. Pour ce faire, Euclidia rassemble des acteurs, des PME pour la grande majorité, prêts à fournir des technologies cloud open source et propriétaires à des organisations qui ne veulent plus dépendre d’acteurs étrangers. Euclidia compte plus de 25 membres.

LES AMÉRICAINS DOMINENT LE CLOUD PUBLIC
Le constat est sans appel, le choix des clouds publics par les entreprises françaises se concentrent majoritairement vers AWS en tête, suivi de Microsoft Azure et de Google Cloud. Par exemple, la SNCF qui a terminé le transfert de 7 000 serveurs dans le cloud d’AWS l’hiver dernier ou encore Engie Solutions qui est en passe de migrer la totalité de ses workloads, là aussi dans le cloud d’AWS. Face à la puissance des trois hyperscalers (investissement de 200 M€ par jour pour les trois américains en R&D), les clouds français ou européens restent encore plutôt perçus aux yeux des entreprises, notamment les grands comptes et les grandes PME, comme une alternative pour certains workloads liés à un cadre réglementaire (santé, finance) ou à des données très sensibles (R&D, fabrication, etc.)