Port de marchandises avec connexion 5G

Les réseaux 5G privés en grande démonstration

L’avenir des réseaux privés sans fil s’orientera clairement vers la 5G. Une multitude de tests et  d’expérimentations s’opèrent déjà en France sous la houlette des opérateurs et de leurs partenaires technologiques.

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Sep 2022
Par Benoît Huet

Le Mobile World Congress 2022 qui s’est tenu du  28 février au 3 mars 2022 à Barcelone, a révélé la grande tendance des réseaux 5G privés d’opérateurs et d’équipementiers attribuant davantage d’autonomie aux entreprises, de performances bien sûr (débit et latence), et in fine de vitesse dans leur numérisation, surtout à l’heure de l’edge et de l’IoT.

Les annonces ont été nombreuses, de la part des équipementiers déjà, dont Huawei qui a dévoilé son architecture IntelligentRAN. Comme le précise Gan Bin, vice-président et directeur marketing de Huawei Wireless Solution, cette technologie intègre un moteur intelligent qui agit à tous les niveaux (SLA, prévention et prédiction des pannes, économie d’énergie sans oublier l’expérience utilisateur). Ainsi, cette architecture promet, toujours selon le porte-parole de Huawei, des réseaux 5G sans attente, sans problème, sans contact et moins énergivores. À ce titre, d’après une étude publiée par l’Arcep, le déploiement de la 5G dans les zones intenses entraînerait des économies d’énergie dès 2023 et conséquentes à horizon 2028, par rapport à un scénario de densification des réseaux mobiles par l’intermédiaire de la 4G seule. Mais pour les zones de faible densité, le gain n’est pas significatif.

NOMBREUX CAS D’USAGES

Des équipementiers aux opérateurs, Cisco a dévoilé sa stratégie de réseaux 5G privés en misant sur son propre écosystème. En effet, l’équipementier travaille avec Airspan et JMA, deux fournisseurs open radio access network (O-RAN) pour inclure leur technologie dans le cadre de Cisco Private 5G, et procèdent ensemble à des tests dans plusieurs secteurs (éducation, divertissement, gouvernement, immobilier, etc.)

Chez les opérateurs, l’entreprise bretonne b<>com (c’est son nom), présent au salon MWC, annonce officiellement sa solution de réseau privé 5G appelée Dome. Selon Nicolas Dallery, son directeur marketing & ventes, Dome est en quelque sorte une boîte à outils pour construire un réseau 5G sécurisé en toute simplicité. Dome est d’abord un service logiciel agnostique que n’importe quel équipement matériel accueillera donc. EDF le teste dans le cadre de la maintenance de ses sites à risques. De même, pour le groupe Lacroix qui l’expérimente, cette fois-ci pour optimiser ses réseaux de distribution d’eau.

Opérateurs, équipementiers, tous sont sur le pont : Nokia, Huawei, Cisco, b<>com, Hub One, Orange, Ericsson…

L’entreprise b<>com met en avant la souveraineté de son offre à l’instar de l’opérateur Hub One, très investit lui aussi dans la 5G privé en France. En effet, Hub One s’engage à hauteur de 2 M€ pour mener plusieurs tests en France, jusqu’en 2024, dans les secteurs portuaire, industriel et aéroportuaire, sous l’initiative appelée Dev 5G Industrie. Exemple : sur l’expérimentation portuaire, un projet est mené avec son partenaire le GIE Haropa Port¹. Au Havre, le déploiement de la 5G consiste donc à garantir la connectivité des grues, de gérer les ordres de missions qui leur sont envoyés, d’assurer leur maintenance et enfin d’apporter de la digitalisation au service des opérationnels (push-to-talk et envoi de formulaires numériques). D’autres cas d’usages comme l’anticollision et le géorepérage sont envisagés.

Bien sûr, Orange s’active à démocratiser les réseaux privés 5G notamment avec Nokia. Souvenons-nous de leur engagement dès 2020 dans le cadre d’un test mené sur le site de Schneider Electric au Vaudreuil (Eure) au sein duquel un réseau privé 4G 5G a été créé, supportant notamment le network slicing (ou découpage en tranches du réseau) pour assurer une meilleure gestion de la qualité de service de bout en bout.

EN ENVIRONNEMENT INDUSTRIEL ET CRITIQUE

Rappelons qu’avec la fonctionnalité network slicing, il est possible de prioriser certaines tranches pour couvrir des usages critiques ou des besoins spécifiques, et d’offrir plusieurs niveaux de qualité et de sécurité. Plus récemment, Orange, par Orange Business Services et son partenaire Ericsson, vont expérimenter durant trois ans un réseau en 4G-5G en environnement industriel et critique chez ArcelorMittal. Trois sites sont concernés par de test : Dunkerque, puis Mardyck (Hauts-de-France) et Florange (Grand-Est). Quant aux cas d’usages, ils seront orientés vers la maintenance mobile (avec la réalité augmentée, entre autres) ainsi que les véhicules autonomes (ArcelorMittal lancera le premier train autonome sur réseau privé interne, qui sera mis en service en 2023). 

LA SÉCURITÉ, UN POINT ESSENTIEL D’UN RÉSEAU PRIVÉ 5G

Portrait de Christophe Auberger - Fortinet

À l’heure où la cyberguerre menace toutes les entreprises et les organismes gouvernementaux, aucune faille ne doit être négligée, notamment les réseaux mobiles privés qui devraient se multiplier dans les entreprises au cours des années à venir.

Selon Christophe Auberger, Cybersécurité évangéliste chez Fortinet, il faut bien comprendre qu’une sécurité minimale était jusqu’alors mise en place par les opérateurs étant donné que les réseaux mobiles ciblaient essentiellement le grand public, et tiraient leurs revenus d’un panel restreint de services de voix, de messagerie et Internet. « Aujourd’hui, la mise en oeuvre de nouvelles technologies sur les réseaux mobiles permet aux opérateurs d’offrir davantage de services à valeur ajoutée, qui vont bien au-delà de la connectivité mobile. »