satellite base orbite basse

Le nouvel eldorado de l’Internet à haut débit

L’internet à haut débit par satellite prend une nouvelle trajectoire avec l’orbite basse. Aux côtés du service Starlink déjà opérationnel, s’engage une forte concurrence. Objectif : le marché des zones en jachère.

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Mai 2022
Par Benoît Huet

Après un an d’activité, le service d’accès à l’internet par satellite en orbite basse Starlink, compterait déjà, selon les récentes déclarations d’un porte-parole de SpaceX, propriétaire de Starlink, 145 000 abonnés. Précisons que Starlink souhaite apporter un accès garanti en haut débit à la moitié de la population mondiale pas encore couverte par l’Internet (selon les chiffres de l’Union internationale des télécommunications) par manque d’infrastructures, de moyens ou par faible rentabilité aux yeux des opérateurs. Mais pourquoi des satellites en orbite basse ? Parce qu’elle présente un avantage non négligeable par rapport à des satellites envoyés en orbite haute : la distance. En effet, ces derniers sont positionnés de 500 km à 1 000 km de la terre environ, contre plus de 35 000 km pour un satellite géostationnaire. Voilà qui est donc techniquement plus simple pour couvrir la terre, surtout en multipliant le nombre de satellites pour assurer un service de bonne facture ininterrompu. Mais surtout, cela présente l’avantage de proposer de meilleures capacités de connexion (faible latence).

DES PREMIERS TESTS PROMETTEURS

Après avoir reçu toutes les autorisations de l’Arcep, le service Starlink est opérationnel en France mais seulement en version test (99 €/mois auxquels s’ajoutent 500 € environ pour la première commande qui regroupe entre autres, la parabole, le routeur et les câbles). Les premiers tests observés sur des sites spécialisés ou en consultant des vidéos sur YouTube montrent des performances très acceptables en haut débit (entre 60 Mbps et 130 Mbps en download). Cette technologie reste donc une alternative intéressante pour des personnes qui n’ont pas d’autres choix en termes d’accès au haut débit. Si Starlink a déjà envoyé plus de 1 800 satellites (de 12 000 à 13 000 satellites sont prévus d’ici à trois ans), il ne sera pas le seul fournisseur à proposer ce type de service. Son concurrent direct Amazon via Kuiper s’engage, quant à lui, à expédier 3 200 satellites en orbite basse dont les premiers à la fin de l’année 2022. Toujours, face à Starlink, figurent d’autres acteurs dont Boeing (132 satellites en orbite basse d’ici à 2030 complétés par des satellites en orbite haute) ou encore l’opérateur anglais OneWeb (dont Eutelsat détient un peu plus de 20 % du capital) qui dispose déjà de 358 satellites en rbite basse (648 à terme), OneWeb serait à mi-chemin vers la fourniture d’un service mondial d’ici à la fin de l’année 2022.

UN ENCOMBREMENT INQUIÉTANT AU-DESSUS DE NOS TÊTES
Dans cette orbite basse, des dizaines de milliers de satellites cohabitent, et pas seulement ceux dédiés aux télécommunications : sont aussi placés ceux destinés à la météorologie, l’imagerie terrestre ou utiles aux renseignements. Avec ces satellites se posera la question de leur réparation éventuelle, et comment éviter des collisions. Plusieurs effets négatifs de cette prolifération sont identifiés comme celui relaté par les astronomes qui alertent sur la pollution lumineuse qu’engendre cette présence. Encore plus grave, les débris qui retomberaient sur terre ou entreraient en collision avec la station spatiale internationale (ISS) ainsi qu’avec d’autres satellites.