Portrait de Klaus Von Rottkay - NFon

“Etre prêt quand cela repartira”

Spécialiste des communications unifiées, et de la téléphonie dans le cloud, l’allemand NFON a le vent en poupe. Son nouveau patron, issu de Microsoft, veut sans délai imposer sa marque en France et en Europe.

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Juin 2021
Klaus Von Rottkay, Chief Executive Officer, NFON - Propos recueillis par Pierre-Antoine Merlin

Vous venez d’arriver à la tête de NFON. Pour quelle raison, et avec quel dessein ?

Pour une multitude d’explications. D’abord, il faut savoir que je suis scientifique de formation, et plus précisément physicien, puisque j’ai un doctorat dans cette matière. Mais assez rapidement, j’ai opté pour le business, plutôt orienté vers la technologie et le numérique au sens large, notamment en passant une quinzaine d’années chez Microsoft. J’ai 51 ans. À la vérité, je n’ai jamais regretté d’embrasser une carrière business.

Alors, quand on vient de Microsoft, pourquoi choisir NFON ?

C’est très simple. On m’a expliqué le dynamisme de cette entreprise, sa jeunesse, sa culture, ses projets, ses équipes. Cela m’a beaucoup intéressé. Je prends cela comme un défi passionnant à relever. Arriver en pleine pandémie relève de la gageure… C’est vrai. Dans le milieu professionnel, les entreprises sont réticentes à investir. Personne n’a vraiment de vue à long terme. Partout, c’est le court terme qui domine. Dans ce brouillard devenu permanent, quelques points fixes se dessinent tout de même. Par exemple, les communications unifiées et la téléphonie dans le cloud gagnent partout du terrain, grâce au télétravail et à la montée en charge de la visioconférence. Mais attention, tout le monde ne peut pas être sur Zoom ! Chez nos clients, en effet, on voit de tout. Il faut donc proposer à nos utilisateurs un modèle mixte, d’où notre avantage compétitif, du fait notamment de la qualité de notre support. Celui-ci doit être global

« Chez nos clients, on voit de tout. Il faut donc proposer un modèle mixte, d’où notre avantage compétitif. »

En quoi le support serait-il plus essentiel maintenant qu’auparavant ?

Parce qu’en ce moment, il prend en compte, encore plus que d’habitude l’aspect humain, le côté psychologique. La qualité n’est pas seulement technique, elle est, et sera toujours plus présente dans l’accompagnement humain. C’est la raison pour laquelle, chez NFON, le mode indirect reste très majoritaire. Nous travaillons étroitement avec nos partenaires et avec nos clients, quels que soient leur profil et leur domaine d’activité.

En Europe, les marchés diffèrent-ils beaucoup les uns des autres ?

Oui. La situation varie d’un segment à l’autre, là où nous sommes présents. Pour ce qui concerne la France, c’est un grand marché. Il fait partie du trio de tête en Europe, conjointement avec l’Allemagne et le Royaume-Uni. Et ce que je peux vous dire concernant le marché français, c’est deux choses : nous suivons des plans agressifs, et disposons d’une équipe motivée.

Justement, pouvez-vous évoquer votre état d’esprit ?

Il se résume en un mot : vite. Il faut aller vite. C’est là, c’est maintenant, qu’il faut investir. Ces temps-ci, nous recrutons une centaine de personnes, et nous relançons le développement produit. En disant cela je ne pense pas seulement à la R&D. Mon obsession, c’est d’être prêt pour le moment où l’activité va repartir. Je sais que tout le monde ne partage pas mon point de vue dans la profession, mais j’en suis intimement convaincu. Parfois, certains collaborateurs me proposent des growth plans, des plans de croissance. Je leur dis : plutôt que de proposer la projection d’une hausse, allez-y ! Go ! Go ! Nos fondamentaux sont bons : par exemple, le churn rate, c’est-à-dire le taux de perte de clientèle, est très bas. Et puis, plus profondément, j’aime la façon dont ce business évolue. Les communications unifiées, la téléphonie dans le cloud, sans oublier bien sûr le rôle que joue NFON dans ce secteur : tout bouge tout le temps

BIO EXPRESS
Klaus von Rottkay est un homme-orchestre. Polyglotte, grand voyageur, il s’intéresse à tout ce qui traverse son champ de conscience. La science, d’abord. Il obtient un master de physique à Munich, en 1994, puis un doctorat à Berkeley (Californie) en 1998. Il amorce sa carrière chez McKinsey Allemagne comme directeur adjoint, avant de se tourner vers Microsoft. Il a également travaillé durant deux ans au Centre allemand de recherche sur l’IA. Plus étonnant encore, ce manager suractif ne se départit jamais d’une souriante et appréciable disponibilité.