Adista

Adista, opérateur au service de la proximité

Forte de trente-cinq agences, Adista combine les atouts d’un opérateur de services distants et la proximité géographique avec ses clients. Une ESN ambitieuse portée par une double croissance externe et organique.

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Juil 2021
Par Vincent Verhaeghe, photos Adista, et Vincent Baillais, andia.fr

Hasard du calendrier, nous arrivons dans les bureaux parisiens d’Adista pour réaliser ce reportage le jour d’une annonce majeure pour l’ESN française : le fonds d’investissement européen Keensight Capital rachète la majorité des parts détenues par d’Equistone depuis cinq ans. « Keensight investit uniquement dans des sociétés en croissance, de la tech et de la santé, donc on peut dire que c’est très bon signe pour nous ! », se réjouit Patrice Bélie, directeur général d’Adista depuis 2018. Cet investissement est un nouveau jalon dans le parcours sans faille qu’effectue l’ESN depuis sa fondation, il y a quarante ans. À son origine, on trouve deux frères, Pascal et Gilles Caumont, créateurs de l’entreprise RMI (Réalisations Microélectronique et Informatiques) spécialisée dans la conception de cartes informatiques. La société nancéenne évolue vite vers la revente et l’intégration de matériels informatiques pour la région. Au début des années 2000, les deux frères prennent conscience que le modèle de revente traditionnel manque de stabilité et de perspectives, tandis qu’avec l’essor des réseaux, les systèmes d’information allaient sortir des murs de l’entreprise. Aussi, dix ans avant que le cloud n’entame sa vraie histoire, ils bâtissent dans leurs locaux un data center dédié à l’hébergement de leurs clients. « C’était très novateur à l’époque, mais ils sont parvenus à décrocher des contrats d’hébergement pour des entreprises privées et pour le secteur public qui reste encore un pan significatif de notre activité. » La zone de chalandise – d’abord circonscrite autour de Nancy – s’étend au Grand-Est, et profite de l’essor du très haut débit pour augmenter sa couverture. Tant et si bien que quelques années plus tard en 2007, Gilles et Pascal Caumont décident d’ouvrir une agence à Bordeaux. « L’objectif est de répliquer dans la région bordelaise ce qui a réussi à Nancy et dans le Grand-Est, avec une stratégie visant à toujours employer des collaborateurs locaux qui connaissent le terrain et le tissu économique de la région. Le client contacte directement son commercial et son chef de projet, de plus nous profitons d’un faible turnover dans nos rangs », souligne Patrice Bélie. Le modèle d’agence régionale fonctionnant bien, le rythme s’accélère pour atteindre en moyenne l’ouverture de trois agences par an. Adista en compte trente-cinq réparties sur le territoire. C’est en 2013 que RMI, dont la raison sociale n’est vraiment plus adaptée à l’activité, devient Adista. « Le nom est tiré de ’’À distance’’ qui marque la façon dont nous abordons les services pour nos clients, mais en parallèle nous cultivons le principe de la proximité avec nos agences. Car même quand on parle de cloud, d’hébergement ou de services distants, les clients veulent généralement être rassurés sur la proximité du data center qui gère tout ou partie de leur système d’information. »

Portrait de Patrice Bélie - Adista

Patrice Bélie, directeur général d’Adista, rejoint l’entreprise nancéenne en 2018, alors en pleine croissance, après un échange avec Gilles Caumont, l’un des cofondateurs, qui « [partage] les mêmes visions stratégiques ».

À DISTANCE MAIS SI PROCHE

Là aussi l’objectif est que toutes les agences, quelle que soit leur région d’implantation parmi les huit, proposent les mêmes services et les mêmes prestations. « Beaucoup de nos clients sont eux-mêmes multisites et donc rassurés de savoir que, en dehors de leur localisation, leur interlocuteur est un prestataire qui connaît leurs besoins et y répondra de façon adaptée », insiste Patrice Bélie. Adista est un opérateur de services complets aussi bien pour l’IT que pour la téléphonie. Il se targue même d’être le quatrième opérateur national derrière les trois mastodontes Orange, SFR et Bouygues. « Il existe encore, bien entendu, un fossé entre eux et nous. Mais ce marché pèse 10 Mds € en France et revêt un potentiel énorme. » Pour gagner des parts de marché, Adista mise d’ailleurs également sur les failles de ces opérateurs géants en récupérant souvent des clients qui ne trouvent pas chez eux tout le suivi ou l’attention qu’ils souhaiteraient. « La satisfaction du client est notre priorité, et dans un modèle basé sur le récurrent, elle est évidemment indispensable, et cela se traduit chez nous par un churn très faible. » L’ESN parvient aussi à maintenir les relations sur le long cours avec ses clients grâce à une offre de services très étendue qui couvre toute la supply chain du service hébergé, excepté l’installation physique de la fibre. Outre sa rivalité avec les grands opérateurs, elle est en concurrence frontale avec d’autres grandes ESN comme LinkByNet, Atos ou Claranet. La diversification de ses activités se fait aussi parfois au gré d’acquisitions, comme en 2013, lorsque l’entreprise rachète CieNum, une agence digitale stéphanoise grâce à laquelle Adista propose des prestations de développement web et applicatif.

UN FONDS POUR LA CROISSANCE EXTERNE

En 2016, la croissance de l’ESN prend un nouveau coup d’accélérateur quand les frères Caumont décident de céder la majorité du capital au fonds d’investissement Equistone. La croissance à deux chiffres est systématique, à tel point que la structure de l’entreprise a elle-même parfois du mal à suivre la cadence. La remise à plat de l’organisation est une des raisons pour lesquelles Patrice Bélie est embauché en 2018, fort d’expériences passées chez Alcatel, Thalès ou encore Hub Telecom. « J’avais simplement entamé une discussion avec Gilles Caumont sur LinkedIn, et nous nous sommes vite rendu compte que nous partagions les mêmes visions stratégiques. » Patrice Bélie arrive à une période où beaucoup de collaborateurs partent à la retraite, et Adista déploie un plan d’embauche d’une centaine de personnes, « alors que nous n’avions même pas de DRH ! » s’amuse-t-il. Fin 2018, le C.A. atteint 93 M€, et sa clientèle est constituée principalement de PME disposant parfois d’une dizaine d’entités, mais s’étend à des ETI de plusieurs milliers de sites. L’ESN développe également quelques verticales métier avec, par exemple, une forte présence auprès des experts-comptables et des offices notariaux.

Plateau Waycom - Adista

Il est temps alors pour Adista de passer un nouveau cap : cela se traduira par une nouvelle acquisition en mars 2021, celle de Waycom. « C’est une entreprise qui opère sur des marchés comparables aux nôtres, mais qui agit plutôt sur des ETI et des grands comptes. Voilà qui complète idéalement notre activité. Elle nous permet en outre de profiter de son excellente expertise en termes de qualité de vie au travail car elle se distingue depuis 2018 par le label Great place to work. » L’investissement est conséquent car le C.A. de Waycom équivaut environ à un tiers de celui d’Adista et, les deux entités pèsent ensemble 153 M€, réalisés par 720 collaborateurs. Le siège principal reste à Nancy mais les bureaux parisiens d’Adista s’apprêtent à emménager dans les confortables et accueillants locaux de Waycom à Suresnes, là-même où nous avons réalisé ce reportage. Cette acquisition et l’intégration des 160 collaborateurs de Waycom ne brident pas pour autant les ambitions d’Adista qui souhaite maintenir la cadence d’une croissance à deux chiffres.

Sur la partie cybersécurité et infrastructure, Adista compte des partenaires vénérables, mais elle travaille aussi avec des challengers.

LES ACQUISITIONS DEVRAIENT SE POURSUIVRE

« Nous comptons une quarantaine de postes à pourvoir dans toute la France, aussi bien des chefs de projet que des techniciens terrain. En parallèle, nous assurons la formation et la montée en compétence régulière de nos équipes sur nos services ou sur les solutions de nos partenaires technologiques. Nous travaillons en étroite collaboration avec les grandes écoles et les universités pour former des jeunes en alternance, ce qui débouche souvent par une embauche. » Parmi les partenaires technologiques d’Adista, on trouve des acteurs établis depuis longtemps comme Dell, HPE ou Fortinet sur la partie infrastructure et cybersécurité, mais l’ESN s’intéresse également aux challengers et travaille régulièrement avec Nutanix, Splunk, Pure Storage ou encore SentinelOne. Pour les années à venir et avec l’appui du fonds Keensight, la stratégie de croissance externe va encore s’intensifier, et il faut donc s’attendre à d’autres acquisitions. En parallèle, la volonté de Patrice Bélie est aussi de s’inscrire dans une démarche RSE durable en travaillant notamment sur la réduction du bilan carbone des data centers.

Patrice Belie - Adista
« La satisfaction du client est notre priorité, et dans un modèle basé sur le récurrent, elle est indispensable » Patrice Bélie, directeur général d’Adista

ZOOM SUR ADISTA
1981 Création de l’entreprise à Nancy sous le nom RMI par Gilles et Pascal Caumont.
2000 Début de l’activité d’hébergeur.
2007 Ouverture d’une agence à Bordeaux.
2013 Acquisition de CieNum et changement de raison sociale pour Adista.
2016 Prise de contrôle par le fonds Equistone.
2021 Acquisition de Waycom.
C.A. 2020 : 153 M€ (avec Waycom).
Effectif : 720 personnes.
Cible : PME, ETI, grands comptes et secteur public.
Marques principales : Dell, HPE, Fortinet, Nutanix, Pure Storage.