Portrait de Sofia Benqassem - APL DataCenter

L’affichage environnemental des data centers n’est plus une option

Comment évaluer l’empreinte des services numériques sans mesurer celle des data centers ? Le marché doit se préparer à cette obligation prochaine. Et surtout, effectuer des choix justes et éclairés en matière de métriques.

Sur le même sujet
Déc 2022
Par Sofia Benqassem, cheffe de projet, APL Data Center

Depuis le 1er janvier 2022, la loi oblige les fournisseurs d’accès à Internet et les opérateurs télécoms à communiquer à leurs abonnés l’équivalent en émissions de gaz à effet de serre de leur consommation de données. Cette contrainte concerne non seulement les opérateurs physiques et virtuels, mais aussi les réseaux fixes et mobiles. L’évaluation de l’impact environnemental doit se conformer à la méthodologie mise à disposition par l’Ademe.

Dans l’esprit de la loi, l’affichage environnemental a donc pour fonction première de sensibiliser les consommateurs au poids écologique de leurs pratiques sur Internet. Et d’inciter les fabricants de matériels et les fournisseurs de services numériques à évaluer leurs performances, afin de les améliorer dans le temps. Mais il faut aussi impliquer les opérateurs de data centers notamment.

Les centres de données concernés au premier chef

Les datacenters sont de plus en plus sollicités pour communiquer leurs données environnementales. En effet, un décret oblige les exploitants de bâtiments à usage tertiaire, y compris les centres de données, à optimiser en continu et à télédéclarer la consommation énergétique de leurs bâtiments.

Pour affiner la mesure de l’empreinte environnementale du numérique, l’Arcep prévoit aussi d’élargir le périmètre de son baromètre environnemental, qui synthétise sa collecte d’informations auprès des opérateurs de centres de données. Encore faut-il comparer ce qui est comparable. Puisqu’une multitude de normes et de tentatives de standardisation prolifèrent depuis quelques années, il donc est important de garder en tête quelques idées simples.

Pour rappel, le principal objectif de l’affichage environnemental est d’informer les consommateurs sur les impacts environnementaux des produits ou services numériques qu’ils achètent – ou auxquels ils souscrivent. Cela les conduit donc indirectement à comparer les résultats communiqués pour éclairer, voire orienter, leur choix.

« Optimiser en continu et télédéclarer la consommation énergétique de ces bâtiments est une obligation légale »

La délicate question des données d’inventaire

Néanmoins, il faut rester très vigilant sur cette approche comparative, car les data centers diffèrent : taille de l’installation, architecture, système de refroidissement, localisation, taux de charge, etc. Partant de ce constat, il faut vérifier que les caractéristiques sont similaires afin de comparer les impacts environnementaux entre deux bâtiments d’un même type.

L’utilisation d’une unique méthodologie objective garantit que l’évaluation de l’impact est réalisée selon les mêmes règles : inventaire de cycle de vie exhaustif, et prise en compte obligatoire de certains équipements dont l’impact est considéré comme négatif.

En matière de data center, toute la complexité des projets d’affichage environnemental repose sur la difficulté d’accès aux données d’inventaire, autrement dit celles qui concernent les matériels utilisés pour les équipements IT, mais aussi les aspects bâtimentaires (locaux et électricité, par exemple). Là encore, des progrès sont accomplis. Ils doivent être poursuivis car ces fondations constituent le premier pas vers la prise de conscience et la réduction réelle des impacts.

En outre, de telles démarches participeront aussi au développement du business, dans une société où le consommateur sera toujours plus vigilant sur l’impact environnemental et social des produits ou services qu’il acquiert. Des observations précédentes, il résulte que les entreprises qui publient en premier leur impact environnemental, ainsi que leurs actions qui le réduisent encore, disposeront d’un avantage concurrentiel vertueux.

Bio express

Titulaire d’un Master 2 en droit de l’environnement, de la qualité et de la sécurité dans les entreprises, Sofia Benqassem fonde l’essentiel de son parcours sur l’exigence d’un véritable développement durable dans les organisations humaines. C’est dans cette optique qu’elle passe par Transdev, Atalian et Data4, avant de rejoindre la société APL Data Centers. Fondée en 1983, celle-ci se spécialise dans le conseil, l’ingénierie, la réalisation et l’exploitation de centres de données.