My Micro

Le métier de MY Micro : la proximité

Dynamique, d’apparence artisanale mais très professionnelle, cette ESN plutôt originale a acquis une solide réputation.  Le naturel confondant de ses fondateurs explique une partie du succès de MY Micro.

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Déc 2022
Par Pierre-Antoine Merlin, à Angers.

C’est l’histoire d’un éditeur de presse IT qui, traversant l’été dernier la ville d’Angers, est tout à coup intrigué, puis amusé, par la devanture d’un modeste magasin. Car cette boutique, située dans le centre historique et à première vue pareille à mille autres, arbore un slogan qui fait mouche : « éleveur de souris depuis 2004. »

Cette accroche astucieuse, qui signale une spécialisation dans le milieu du matériel informatique, a le don d’éveiller l’intérêt de notre éditeur, rapidement pris au jeu. Il n’en faut pas plus. Il prend le magasin en photo, en parle à son équipe… et voilà comment un slogan astucieux déclenche un reportage dans la ville du Roi René.

Du projet industriel au quotidien industrieux

Accessoires chez My Micro
MY Micro n’élève pas que des souris : dans l’entrée de la boutique, la gamme des accessoires accueille le visiteur.

Au début de cette histoire d’entreprise, deux hommes : Marc Fuller et Yoann Bernard issus de milieux assez différents. Mais ils aiment l’industrie, le contact, les gens. Marc arrive en droite ligne du tourisme et des transports, tandis que Yoann a fait ses classes dans l’automation industrielle. Mais tous deux ont étudié à l’ESAIP (école d’ingénieurs en informatique et prévention des risques) située à Angers.

C’est le coup de foudre amical. En résulte une volonté commune, qui ne se démentira jamais : essayer de faire des choses positives, même et surtout si c’est difficile, agir pour être utile, rester au cœur de l’innovation, s’épanouir dans le concret. Marc Fuller, cogérant, raconte avec un enthousiasme juvénile ses débuts. Ou plutôt, leurs débuts. 

Car l’esprit de MY Micro est doublé d’une constance remarquable à chaque étape de son développement. « Nous sautons le pas en 2004. On crée notre société et et prenons des risques mesurés. Qu’à cela ne tienne : on s’installe dans un ancien de magasin de laines Pingouin, et on se lance. Dès lors, notre entreprise est née. Dix-huit ans après, on cherche toujours à évoluer, à suivre les progrès, et surtout on veut comprendre et anticiper les besoins des clients. »

« Même au bout de dix-huit ans d’activité, nous cherchons toujours à évoluer »

Yoann Bernard, confondateur et cogérant de MY Micro

Assembler, maintenir et réparer

Dans leur atelier qui tient plus de la quincaillerie que de McKinsey, on trouve un peu de tout, et de tout un peu. Cette TPE précise et réactive assure l’assemblage de PC fixes et de serveurs sur mesure, la vente de PC portables neufs et d’occasion, mais aussi la réparation des équipements, étendue aux smartphones et aux tablettes, sans oublier les contrats de maintenance, une activité forte du groupe. Tout comme la préparation des matériels, chronophage mais indispensable.

Les interventions menées sont répertoriées, et leur liste renouvelée quotidiennement est loin d’être close. Au milieu de cet entrelacs de produits à soigner, on trouve Loris Bretaudeau, un apprenti prometteur, discret et efficace. « Je viens de Thouars, dans les Deux-Sèvres. J’ai trouvé cette alternance sur Angers, j’ai eu la chance d’être accepté, et cela me plaît beaucoup. J’aimerais en faire mon métier… d’ailleurs, j’ai obtenu un bac spécialisé en systèmes numériques. »

Portrait de Yoann Bernard My Micro
Yoann Bernard, confondateur de MY Micro et ancien étudiant à l’ESAIP (école d’ingénieurs en informatique et prévention des risques), trône devant les matériels destinés à la commercialisation.

Un autre alternant a été admis. Lui, était dans la restauration mais voulait changer de branche. D’une façon générale, la direction de MY Micro voit passer beaucoup de jeunes gens intervenant au titre de l’alternance. Une expérience intéressante, structurante même, appréciée à sa juste mesure par l’employeur comme par l’employé. Cette formule permet à l’apprenti de sentir tout de suite s’il est fait pour ce métier, moyennant bien sûr quelques améliorations, ou s’il a intérêt à changer d’orientation. C’est l’une des vertus de MY Micro, et de ses homologues, de montrer la réalité des choses et des perspectives potentielles ou fantasmées. Un apprenti dans une TPE ne peut pas se cacher, et c’est bien ainsi pour tous les protagonistes. On se trompe moins, y compris sur soi-même, que bardé d’un diplôme ronflant.

Après dix-huit ans passés à œuvrer de concert, Marc Fuller et Yoann Bernard sont-il fatigués de faire encore et toujours la même chose ? Pas du tout. Leur projet n’est pas de continuer la route chacun de son côté, ni même de faire cause commune dans un environnement différent. Leur projet, c’est de poursuivre ensemble, et d’approfondir. Mais, fidèles à leur philosophie pratique, avec prudence et efficacité : cette continuité aura lieu en privilégiant le respect des standards du marché et la volonté de suivre le mouvement, qu’il soit technique, économique ou social. Cela tombe bien, car le contexte vit un profond changement.

La culture du quotidien, de la patience, de la disponibilité et de la bonne humeur reste essentielle, quoi qu’il arrive

Se concentrer sur le marché des professionnels

Les temps sont assez durs, admet avec une grande humilité Marc Fuller. « Depuis quelques mois, et pour plusieurs raisons, peut-être indirectement liées à la Covid-19, on ne voit plus les particuliers. Pour combler leurs besoins, ils passent directement par internet, ou bien s’adressent aux grandes surfaces. Dans ces conditions, nous allons sans doute nous concentrer sur les prestations destinées aux professionnels – ce qui constitue déjà le gros de notre activité, de toute façon. On ne peut pas maintenir une entreprise qui ne rapporte pas suffisamment, avec autant de frais fixes. En somme, nous voici en pleine réflexion. »

Loris Bretaudeau - My Micro
Au milieu de cet entrelacs de produits à soigner, le jeune alternant Loris Bretaudeau s’affaire à préparer, maintenir et réparer les équipements.

Sur le plan commercial, MY Micro possède en effet deux magasins : le siège historique du groupe, situé en centre-ville d’Angers, et un autre, ouvert plus récemment, à Thouarcé, toujours dans le Maine-et-Loire. Si l’activité relative aux particuliers s’arrête, seul l’établissement d’Angers sera conservé. « Il est important de garder une boutique, de manière à bien sentir la clientèle et l’évolution des besoins.

Et puis aussi, il faut dire que l’un comme l’autre, nous aimons le contact humain. » Et ce n’est pas une figure de style : pendant toute la durée de notre entretien, le téléphone n’a jamais cessé de sonner, ni les clients de pousser la porte du magasin – ce n’étaient pas des figurants loués ou prêtés pour l’occasion. Cette culture du quotidien, de la patience, de la disponibilité et de la bonne humeur restera essentielle, quoi qu’il arrive.

Sur ce point notamment, les deux entrepreneurs sont à l’unisson. « On a beaucoup appris au cours de toutes ces années. On a vu ce qui marche, et ce qui ne marche pas. Nous allons donc continuer à anticiper les besoins, les usages et les technos, au moins à l’horizon de quelques mois. C’est notre façon de faire de la veille. Celle-ci peut prendre de multiples formes : trouver des choses nouvelles à proposer et à mettre en œuvre, comme l’affichage dynamique. » Ainsi MY Micro propose des écrans professionnels autonomes pour les commerces, les entreprises, les salles d’attente, et le tout, clés en main. Tous ces dispositifs sont livrés, posés au mur et configurés. Sans ordinateur ou serveur, sans connexion internet, ces affichages sont robustes et conçus pour un affichage 24/24, avec luminosité et contraste supérieurs à la téléviseur domestique. D’où la certitude d’être parfaitement visibles, même derrière une vitrine.

Yoann Bernard imagine l’avenir. Les points forts, les enjeux, les ingrédients à améliorer. Par exemple, il pointe la nécessité de revenir sur le gaming, très porteur, et sur l’ensemble des éléments constitutifs de la smartcity.

Les projets ne manquent pas. Avec un bémol : l’envie est grande, chez les deux associés, « de libérer du temps, de dégager de la disponibilité », insiste Yoann Bernard. échapper au quotidien pour mieux se relancer, sans se couper du réel. Un défi éprouvé par toutes les petites entreprises qui fonctionnent bien et se retrouvent un jour ou l’autre à la croisée des chemins. à ce propos, « un regard extérieur est toujours intéressant pour faire progresser les choses », reconnaît Marc Fuller. Comme un article substantiel dans un magazine professionnel ?

Portrait de Marc Fuller My Micro

« La boutique nous fait sentir l’évolution des besoins des clients, et il faut dire que nous aimons le contact humain »

Marc Fuller, cofondateur et cogérant de MY Micro

Zoom sur MY Micro

Date de création  2004
Siège social  Angers (Maine-et-Loire)Principaux dirigeants Yohann Bernard et Marc Fuller
Chiffre d’affaires 500 K€ en 2021
Résultat net bénéficiaire
Nombre d’employés 4
Métiers principaux Maintenance de parc, serveurs et postes clients, périphériques, réseaux
Type de clientèle 80 % de professionnels et 20 % de particuliers
Taille des entreprises visées De la TPE à l’ETI