Portrait de Christophe Bougot - Oracle

“La part de l’indirect est en croissance” – Christophe Bougot, Oracle

Enfin, ça y est. La France est un marché prioritaire pour Oracle : cela se lit dans les chiffres et l’implication du groupe. Et cela s’illustre par une offensive orientée vers le cloud, dans l’Hexagone. Pandémie ou pas.

Sur le même sujet
Avr 2021
Christophe Bougot, Directeur Partenaires, Oracle France - Propos recueillis par Pierre-Antoine Merlin

Quel est l’impact de la pandémie sur votre activité ?

Pour apprécier son incidence, il faut regarder les chiffres : ils sont bons. Mais plus encore, on peut dire qu’ils sont en croissance constante. Néanmoins, ce qui manque au vu de ces résultats, ce ne sont pas tant les performances économiques ou financières. C’est le côté humain. La situation actuelle, qui dure depuis plus d’un an, induit beaucoup moins de rencontres avec nos partenaires. Pour eux comme pour nous, et pour tous les acteurs de la vente indirecte, c’est humainement difficile. Surtout dans un univers où les contacts sont une condition agréable, fructueuse et gratifiante.

« La question du maillage en France ne se pose pas, compte tenu de l’ancienneté de notre présence ici »

À propos de vente indirecte, comment évolue la structure partenariale d’Oracle en France ?

Elle est relativement stable. Et elle se compose de quatre éléments. Nous disposons d’environ 600 VAR, dont le quart est actif. S’y ajoutent cinq grosses entreprises de services numériques : Accenture, Capgemini, Atos, Sopra et DXC. Puis viennent les independant software vendors (ISV). Enfin, nous opérons avec les grossistes Tech Data et Arrow ECS. Il faut noter que, si la structure partenariale en France ne bouge guère d’une année sur l’autre, un mouvement fort est déjà engagé en faveur du channel. Certes, il est difficile de donner un objectif chiffré avec des échéances précises, mais nous voici déjà aux deux tiers du C.A. réalisé par les partenaires. Cette proportion va progresser. J’ajoute que, compte tenu de l’ancienneté de notre présence sur le territoire français, la question du maillage ne se pose pas : nous sommes bien distribués partout.

Comment votre entreprise s’organise-t-elle en interne pour animer ce réseau ?

L’idée est d’élargir la couverture selon la croissance des marchés. Cette création d’équipes correspond à un besoin de spécialisation, si l’on veut rester pertinent. Ma nomination au comité de direction d’Oracle va dans ce sens : la France est devenu un marché prioritaire pour le groupe. Concrètement, au niveau Alliances & Channels, Anne Céliade est SaaS Director ; Christophe Bonenfant, ISV Sales Director ; et Rémi Baudot, Cloud Senior Manager. Quant à moi, je suis Technology and Cloud Systems Alliances & Channel Senior Director.

On parle de souveraineté numérique. Avez-vous entériné une position ?

Cette question est essentielle. Nous l’abordons avec la volonté de créer un cloud de confiance, qui doit se traduire sur le terrain par la protection des données de nos clients. L’Assemblée nationale s’est penchée il y a peu sur ce sujet, au cours d’une séance en commission, à laquelle participait notre directrice générale, Karine Picard. Reste le sujet du cloud souverain à l’échelon européen. Nous sommes membres de l’initiative Gaia-X. C’est un projet extrêmement sérieux, qui s’inscrit dans une démarche au long cours. Personnellement, en tant que citoyen, je pense que c’est bien. Comment
tout cela va-t-il évoluer ? Je laisse la chance au produit…

Où en est le projet de data center en France ?

C’est évidemment un sujet important, et qui s’inscrit en droite ligne des développements que j’ai décrits plus haut. À ce stade, je ne suis pas en mesure de vous préciser les modalités de réalisation du centre de données. Ce que je peux dire, en revanche, c’est que son implantation est déjà choisie : ce sera Marseille

BIO EXPRESS
Outre ses fonctions en France, Christophe Bougot participe au comité de direction du groupe, au niveau mondial. Voilà, à la fois, un aboutissement et un nouveau départ pour ce Rennais d’origine qui sort diplômé de l’Epita en 1994 (spécialité génie logiciel). Après treize ans passés chez Microsoft dans plusieurs postes commerciaux, il quitte l’éditeur de Redmond pour piloter les ventes cloud de DXC en Europe du sud. Mais surtout, chez Oracle depuis cinq ans, ce manager a joué un grand rôle dans le lancement en France du IaaS et du PaaS.