Portrait de Nicolas Jonet - Cloud Expo Europe Paris

“La France est l’un des marchés qui tirent l’Europe” – N. Jonet, CloserStill Media

Pandémie ou pas, le cloud continue sa progression. Nicolas Jonet précise l’avenir de Cloud Expo Europe Paris. Et détaille une vision du numérique.

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Oct 2020
Nicolas Jonet - Event Director, Cloud Expo Europe Paris - Propos recueillis par Pierre-Antoine Merlin

Cloud Expo Europe Paris se tiendra-t-il, comme prévu, à la mi-novembre ?

Compte tenu de la dégradation des conditions sanitaires en France, ce salon est reporté. Je dis bien reporté, et non pas annulé. Mais il faut être réaliste : la situation sanitaire n’était pas assez garantie pour la tenue d’un évènement de qualité, sans incertitude ni mauvaise surprise, au dernier moment.

Que comptez-vous faire ?

Déjà, nous proposons des webinars et des tables rondes, qui vont, bien sûr, continuer. Mais on peut envisager aussi des microsalons ciblés, portant sur des niches comme la finance ou la santé. Cette segmentation ou spécialisation est une bonne formule. L’aspect généraliste est important, mais je crois de plus en plus, aux rendez-vous en one-to-one.

L’année dernière, vous aviez fait part de votre intention de vous ouvrir davantage au channel. Pour quel résultat ?

Je maintiens qu’il est important pour Cloud Expo de s’ouvrir au channel, d’intéresser les partenaires et les acteurs de la chaîne de valeur. De fait, l’année dernière, Tech Data a participé au salon, accompagné de partenaires. L’ensemble a parfaitement fonctionné. Du coup, le grossiste est intéressé par une nouvelle expérience. Donc oui, je suis pour l’implication du channel. Faut-il aller plus loin, envisager des accords avec d’autres salons ? On en discute. Difficile de se projeter davantage en cette période.

Comment voyez-vous l’évolution de la tech en Europe ?

La France est l’un des marchés porteurs, conjointement avec l’Allemagne. C’était aussi le cas avec le Royaume-Uni, mais le Brexit change un peu la donne, car sa mise en oeuvre pourrait être bénéfique pour l’Europe continentale. Celle-ci devenant plus attractive pour les acteurs.

Le projet de cloud souverain européen Gaia-X va-t-il dans le bon sens ?

Oui, tout à fait. C’est un enjeu de souveraineté. Il a une chance de réussir, car il comporte davantage d’acteurs et de projets que lors des initiatives précédentes. Ainsi, une vingtaine de participants portent Gaia-X. Ce nombre souligne que le projet est bien pensé, bien conçu, bien construit. Il compte des acteurs majeurs, tels que OVH, Scaleway, Jaguar Network et bien d’autres. Le cloud hybride et le multicloud indiquent la direction à prendre. Après, tout cela va prendre du temps. Or, du temps, nous n’en disposons pas. Il faut aller vite ! C’est le dilemme qui se pose.

La crise sanitaire a-t-elle un impact seulement négatif sur l’économie ?

Là encore, les évolutions sont contradictoires. On ne peut pas suivre une approche unique. Sur le plan de l’économie pure, il est évident que cette crise est pénalisante. Cette situation se lit dans les chiffres. Sur le plan de l’économie numérique, en revanche, c’est un avantage, déjà au niveau des usages : les solutions de télétravail et de communications d’entreprise ont été propulsées comme jamais. Et c’est bien grâce au cloud que ce concept d’entreprise étendue se réalise enfin. Ce qui n’était pas possible dans le monde physique, l’est dans le monde virtuel. Une telle tendance a été provoquée par la pandémie, c’est vrai, mais au final, la communication à l’intérieur et à l’extérieur des sociétés a beaucoup gagné en efficacité.