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Polyvalence et hybridation pour le NAS

Le NAS assoit sa présence dans l’entreprise, démontrant des aptitudes bien au-delà du stockage. En parallèle, il renforce ses liens avec le cloud.

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Août 2020
Par Frédéric Monflier

Le NAS tire profit de l’inflation du volume des données numériques, de la nécessité de les stocker puis d’y accéder facilement. « Entre 2017 et 2020, les ventes ont progressé de 21,7 % au niveau mondial, tous fabricants confondus, constate El Mehdi Lahna, Business Developer chez Synology France. Les prévisions des analystes se sont vérifiées. Et, de notre côté, nous avons enregistré une croissance à deux chiffres en France au premier trimestre 2020, malgré le début du confinement. » Le fabricant taiwanais se félicite également du doublement du nombre de ses partenaires qui atteint 300, et qui contribuent à son succès. Bien que Synology tire le mieux son épingle du jeu, cette bonne dynamique s’observe pour tout le secteur. « En 2019, les “sales out” des grossistes ont atteint +7 %, précise Erwan Meyer, analyste chez Context, spécialisé dans le stockage et le réseau pour l’entreprise. Le C. A. total a augmenté de 1,6 % d’une année à l’autre. » Cette situation concerne les NAS pour professionnels, que Context distingue des NAS système, conçus par HPE et Dell EMC, entre autres. Cette même étude révèle que le NAS à deux baies reste un best-seller, représentant un peu plus de la moitié des ventes. Ces chiffres sont à approcher de la tendance que constate Scherif Sidibe, responsable distribution et marketing de Qnap France : « La demande des particuliers a augmenté et s’est portée vers ce type de NAS. » De nombreux professionnels indépendants en font probablement partie, eux qui vont plutôt s’équiper au travers du channel retail. Selon Scherif Sidibe, « la demande des TPE PME s’oriente davantage vers les modèles à quatre ou six baies ».

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« En entrée de gamme, les NAS de 8 To remplacent ceux de 4 To »

Valéry Giorza, responsable commercial de Buffalo Technology en France

CAPACITÉ DOUBLÉE

Toujours d’après Context, ces NAS à quatre baies comptent pour un bon tiers des ventes. On pourrait croire alors en l’absence de montée en gamme, mais ce sentiment est trompeur. D’une part, leurs capacités s’orientent logiquement à la hausse, sous l’impulsion de l’offre des fournisseurs de disques durs. « En entrée de gamme, les 8 To se substituent aux 4 To », confirme Valéry Giorza, responsable commercial de Buffalo Technology en France, dont la gamme se caractérise toujours par l’intégration des disques durs, réalisée au Japon, et une garantie assurant l’ensemble. D’autre part, les entreprises regardent de plus près les performances. « Par exemple, une PME remplacera un DS418 par un DS918+, indique El Mehdi Lahna,chez Synology, car il offre des capacités d’extension plus étendues et de meilleures performances. »

Dans le même ordre d’idée, Buffalo Technology fait la promotion de ses nouveaux NAS multigigabits, capables d’encaisser un débit de 10 Gbps, si le réseau et les switches l’autorisent. « Le goulet d’étranglement se déplace, explique Valéry Giorza. C’est aussi un moyen de réduire le temps de sauvegarde. » Pour atteindre des débits de 2,5 Gbits voire 5 Gbits, la norme IEEE 802.3bz est intéressante même si l’infra est fondée sur des câbles standard Cat5e. Quant aux usages eux-mêmes, le NAS, autrefois pur produit de stockage, poursuit sa marche en avant pour gagner en aptitudes, pour fournir des services propres à un véritable serveur, mais à moindres frais.

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« En début d’année, notre croissance atteint deux chiffres »

El Mehdi Lahna, Business Developer, Synology France

LA VIRTUALISATION PROGRESSE

La virtualisation, notamment, fait de plus en plus partie de ses attributions. « Pour cela, voilà deux ans, nous lancions Virtual Machine Manager », souligne El Mehdi Lahna, chez Synology. Puis, cet hyperviseur sera complété d’Active Backup for Business, qui sauvegarde tout, machines virtuelles incluses en vue de leur restauration. Mieux : depuis plusieurs années, le NAS est un réceptacle de choix pour les volumineuses vidéos produites par la vidéosurveillance. Dans ce registre, le DVA3219 de Synology, distribué depuis quelques mois, est assez remarquable : ce NAS à quatre baies est équipé d’une carte graphique GTX1050i de Nvidia qui exécute des algorithmes d’apprentissage approfondi qui réduisent la quantité de fausses alertes et transmettent des métriques plus précises, pour le comptage de personnes notamment.

Le Guardian QGD-1600P de Qnap est également à signaler, même si la vidéosurveillance ne constitue pas sa vocation primordiale. Ce switch administrable, doté d’une capacité de stockage et hébergeur de machines virtuelles, lorgne la fonction de NAS. Un produit atypique qui se situe dans la logique de Qnap. La remarque vaut pour son système Koimeeter même s’il s’agit de visioconférence, car il illustre la stratégie du fabricant, qui appuie le travail collaboratif. Idem pour Synology. « L’usage de Drive 2.0 s’est développé consécutivement aux mesures de confinement, signale El Mehdi Lahna, chez Synology. Nous avons mis en place des licences VPN gratuites pour sécuriser les communications. »

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« Plus nombreux sont les particuliers qui se tournent vers les NAS à deux baies »

Scherif Sidibe, responsable distribution et marketing, Qnap France

CAP VERS LE CLOUD

Autre tendance importante : l’interaction ou plutôt l’hybridation avec le cloud. Lequel permet, au même titre qu’un dispositif multiNAS, de répartir les risques, selon Valéry Giorza, chez Buffalo : « La question du stockage multisite est souvent abordée par les revendeurs. D’où les fonctions de réplication, éventuellement croisée, ou de duplication, vers un ou plusieurs services cloud. » Cette synchronisation peut être spécifique : l’application Boxafe de Qnap, consacrée à G Suite et à Office 365, en témoigne et fait sauter, en prime, quelques limitations. « Elle conserve les e-mails d’Office 365 au-delà de quatre-vingt-dix jours », ajoute Scherif Sidibe. Dernièrement, Qnap a lancé l’application Hybrid Mount, qui sert à « monter » un service de cloud public et à activer un cache local, afin d’accélérer les accès. Il s’agit d’une évolution de Hybrid Backup Sync qui, depuis 2017, se réserve à la duplication des données. À lire les annonces de Synology en septembre 2019 pour son logiciel DSM 7.0 – dont la bêta est en cours – les deux géants du NAS en Europe se répondent. Outre Active Insight, dédié à la surveillance proactive du NAS, le prochain système d’exploitation DSM comptera en effet la fonction Hybrid Share, qui crée un dossier hybride et le partage avec le cloud C2 de Synology, le tout, doté d’un cache local de 200 Go. Voilà quelques années, les fabricants vantaient les mérites du NAS face à l’avancée du cloud, le qualifiant de cloud privé. Vont-ils bientôt parler de cloud hybride ? Un message qui finirait de convaincre les entreprises qu’elles adoptent le meilleur des deux mondes. Ce qui expliquerait pourquoi la résistance du NAS est « assez étonnante », selon Erwan Meyer, chez Context.

QTS pourra migrer dans le Cloud

Depuis quelques années, Ikoula ou Infomaniak proposent l’hébergement de NAS Synology dans leur data center. Voilà une opportunité, pour une entreprise, d’accéder à tous les services fournis par le système d’exploitation DSM sans installer de NAS à demeure. Avec QuTScloud, disponible bientôt,Qnap adopte une démarche différente : le déploiement de QTS, l’OS des NAS Qnap, dans un cloud public (Azure, Alibaba Cloud, Amazon EC2, DigitalOcean) ou un serveur privé grâce à la virtualisation par KVM, Hyper-V ou VMware. Selon le fabricant, les entreprises qui utilisent le cloud bénéficieront d’un système de gestion de fichiers plus évolué. La création d’un cloud hybride et le partage entre sites seraient aussi facilités. Enfin, un NAS dans le cloud, flexible et évolutif par essence, pourrait séduire les TPE et les indépendants.