Le SSD en tête pour la mise à niveau

À proximité ou à l’intérieur du PC, le SSD avance, le disque dur recule. Un mouvement de fond que 2020 n’a pas infirmé, mais que le contexte pandémique a transcendé dans l’amélioration des équipements.

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Juin 2021
Par Frédéric Monflier

n 2020, les trois fabricants de disques durs Seagate, Western Digital et Toshiba ont livré près de 139 millions d’unités à destination des PC et notebooks. Ces données consolidées par le cabinet d’analyses Trendfocus témoignent – mais pouvait-on en douter ? – d’un nouveau et net recul d’une année à l’autre, précisément -17,8 % sur le segment PC, et -20,20 % sur les notebooks. Si ce bon vieux HDD a de beaux restes, il décline inexorablement au sein du poste client et se réfugie, pour l’essentiel, dans les stations de travail ou les PC portables les plus puissants – et les plus épais. La marge de croissance a migré vers les serveurs et le cloud, où les ventes ont progressé de près de 2 % en 2020. Les discours s’adaptent de manière à positiver. « Nous ne communiquons plus sur les unités vendues, mais sur les exaoctets [Eo], indique Philippe Vaillant, directeur technique de Seagate France. Avec 139,6 Eo écoulés de notre côté durant le premier trimestre 2021, la hausse comparée au même trimestre en 2020 atteignait 16 %. Nous vendons moins de disques, mais plus de capacité. » Le SSD étend sa domination sur le PC, donc Mais son expansion déjà significative, tous secteurs confondus, a été ralentie par la pénurie qui a touché l’IT, disque dur compris. La demande a atteint un niveau dépassant des capacités de production, déjà affaiblies par la pandémie. En cause : la réorganisation des entreprises par le télétravail, qui a motivé un besoin croissant de solutions de mobilité et de stockage à l’avenant. S’est ajouté, sur l’autre versant, le développement des infrastructures en parallèle avec l’usage ascendant des communications unifiées. Par ailleurs, la fabrication des composants électroniques reste sous contrainte.

« L’upgrade progresse fortement depuis le premier trimestre 2021 »

Laurent Sirgy, directeur France EMEA, Kingston

TENSIONS SUR LA FLASH

Ce déséquilibre entre offre et demande devrait perdurer. « Le SSD devient la norme en entreprise et dans le grand public, et il faut également tenir compte de l’embarqué, constate Laurent Sirgy, directeur France EMEA de Kingston. De plus, la capacité ne fait que grimper : de 128 Go voilà quelques années, à 1 To aujourd’hui. La consommation de puces NAND Flash [mémoire électronique de base du SSD, NDLR] s’intensifie en conséquence. » Influencés par les mécanismes du marché, les prix tendent à grimper, mais la relance de la production engendre la baisse ou le maintien du coût au gigaoctet. Il n’y a pas de quoi inverser la tendance globale observée depuis des années. « Le prix d’un SSD SATA de 1 To est passé de 300 € ou 400 € à 100 € », souligne Laurent Sirgy. Pénurie et pandémie ont cependant un effet positif. « Que les lignes de fabricants des OEM soient affectées pourrait favoriser un marché d’actualisation des notebooks existants », estime Philippe Vaillant, chez Seagate. Laurent Sirgy le confirme : « L’upgrade progresse fortement, notamment depuis le premier trimestre 2021, et encore plus sur le B2B. Les entreprises modernisent leur parc installé depuis deux ans, au lieu de le changer. Du fait de la pandémie, nos partenaires ont vendu à la fois plus de laptops, et plus de SSD ou de mémoire vive pour les upgrades. Les entreprises qui ont investi en laptops veilleront plus tard à améliorer ces équipements. » Seule difficulté potentielle : remplacer un SSD au format M.2/NVMe est parfois plus complexe que celui d’un SSD ou HDD au format SATA ; ce qui peut s’expliquer par un plus haut degré d’intégration sur les PC portables de type ultrabook. Ce qui n’empêchera pas le NVMe de rattraper le SATA. « Dans les prochains vingt-quatre mois, ce sera du 50/50 sur le marché global du SSD », prévient Laurent Sirgy. On note, enfin, que les systèmes de chiffrement se popularisent, tant sur les disques internes qu’externes.