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La crise sanitaire pousse le cloud vers le stockage en ligne

Les nouveaux paradigmes de 2020 et 2021 ont modifié les usages du stockage dans le cloud devenu le point de passage des données et une solution d’archivage à long terme.

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Juin 2021
Par Cécile Dard

Après dix-huit mois de Coronavirus, le cloud se porte plus que bien. C’est le constat dressé par les experts interrogés ici. « Incontestablement, la pandémie de coronavirus a accéléré le recours au cloud, que ce soit pour le télétravail, l’école à la maison, regarder des divertissements ou acheter en ligne. L’utilisation de la visioconférence pour les échanges, se réunir et passer des entretiens a contribué à cette accélération », souligne Éric Pilicer, directeur des ventes d’Oodrive. Ainsi, le stockage et la sécurité des données se sont révélés les enjeux majeurs. Les dépenses mondiales dans les services de stockage à distance, déjà en forte croissance avant la pandémie, ont établi de nouveaux records au premier trimestre 2021 avec une croissance de 35 %, d’après une étude d’avril 2021 du cabinet Canalys. Les dépenses en services d’infrastructure cloud ont ainsi atteint 41,8 Mds $ au premier trimestre 2021. « Les clients cloudifient de plus en plus leurs données pour réduire leurs coûts, bénéficier d’une haute disponibilité, sécurité, flexibilité et d’une innovation continue », confirme Google. Les usages de la sauvegarde en ligne se transforment. « Il y a eu un shift cette année, affirme Thibaut Champey Head of Solutions EMEA & Country Manager France de Dropbox. On assiste à une transition en direction d’un monde hybride où le télétravail s’impose. Les barrières de l’entreprise ont éclaté et ne vont pas revenir. Les sociétés doivent muter vers le SaaS, et s’équiper d’outils de travail asynchrones afin que tout le monde travaille sur un même document quand il le souhaite. L’usage de l’e-signature a également explosé en 2020 où beaucoup de workflows sont devenus numériques. »

LE NUAGE A LE VENT EN POUPE

Stocker dans le cloud devient donc une solution d’archivage à long terme et un point de passage des données. « Le cloud servait à l’archivage, puis nous y avons ajouté la sauvegarde pour avoir une seconde copie de nos données hors site, et se protéger. C’est aussi un point de passage pour récolter et partager les données. C’est enfin une solution pour gérer les gros volumes de données issus de la 5G et de la voiture autonome, souligne Louis Laszlo, Director of Product Management chez Atempo. L’évolution instantanée du marché et celle des capacités de stockage invitent les intégrateurs à pousser des solutions flexibles et adaptables au futur. Tout dans le stockage va déboucher dans la régionalisation des données »

LA SAUVEGARDE AU COEUR DE LA LUTTE CONTRE LE RANSOMWARE
« Les rançongiciels sont la première cause des recherches d’assistance des publics professionnels des secteurs privés et publics avec une intensification sans précédent en 2020 ». C’est ce que révèle le rapport d’activité 2020 de Cybermalveillance.gouv.fr « La crise sanitaire a vu une intensification de la cybercriminalité contextualisée ou opportuniste. » McAfee notait déjà une forte recrudescence de ces attaques, avec +69 % de ransomware entre les deux derniers trimestres de l’année 2020. Face à ce phénomène au coeur de l’actualité, le stockage est la solution plébiscitée pour éviter de payer la rançon. « Par rapport à la crise du ransomware, il faut prévoir une sauvegarde large des historiques de données. Il faut conserver plusieurs semaines de sauvegarde. Le seul moyen de restaurer un client attaqué est parfois de revenir à J-30 pour éviter de payer une rançon !, prévient Mélanie Biberian, directrice channel de Beemo. Garder un historique conséquent des données est critique, y compris des postes de travail sur sa box. » Dans ce contexte où la France est particulièrement ciblée, on note une prise de conscience plus forte de la nécessité de sauvegarder, notamment dans le cloud.