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Le challenger AMD réduit l’écart sur le leader Intel

Depuis la commercialisation de la gamme Ryzen 3000, AMD a le vent en poupe, comme le prouvent ses résultats historiques. Au détriment d’Intel, qui peine à suivre le rythme technologique.

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Mai 2020
Par Frédéric Monflier

Depuis de longues années, la bagarre sur le segment du CPU pour PC se résume à un duel entre Intel et AMD, le premier ayant toujours été largement dominateur. Si la situation hiérarchique est très loin de s’inverser, le challenger a vécu une année plutôt faste. En témoigne la répartition des ventes examinée par Mercury Research : au quatrième trimestre 2019, la part d’AMD sur le segment du PC de bureau avait progressé de 0,3 point, comparativement au précédent trimestre, et de 2,4 points sur l’année. Au final, 18,3 % des PC écoulés durant ce quatrième trimestre portaient l’estampille AMD, soit le meilleur résultat enregistré par la marque depuis le troisième trimestre de… 2014. Le fondeur a soufflé sa cinquantième bougie de belle manière. Mise sur le marché à partir de 2017, la gamme Ryzen, réputée pour son rapport qualité/prix, avait déjà placé AMD sur de bons rails. Dévoilée l’été dernier, la troisième génération, Ryzen 3000, a enfoncé le clou avec son lot d’innovations. Déjà, le cœur est gravé en 7 nm – gage d’une meilleure efficacité énergétique – tandis que sa périphérie, en charge des entrées sorties, est en 12 nm. Une façon de diminuer les coûts de production. Ensuite, et pour la première fois dans cette industrie, les Ryzen 3000 bénéficient d’un contrôleur PCI Express 4.0, histoire d’accélérer les échanges de données avec le reste de la carte mère. Cependant, le jeu vidéo n’en tire pas un profit significatif, il faut bien l’admettre.

ZEN 2 PUIS ZEN 3, AMD NE S’ARRÊTE PAS

Mais ce n’est pas le cas de la nouvelle microarchitecture Zen 2. Comparée à la version précédente, celle-ci améliore en théorie les performances de l’ordre de 20 % grâce à la hausse du nombre d’instructions traitées par cycle, et à l’extension de capacité des mémoires cache, entre autres. En pratique, les gains sont de cet ordre pour certains jeux. Et AMD ne marque pas de pause : la microarchitecture Zen 3, placée au cœur des futurs Ryzen 4000 pour PC de bureau, devrait être annoncée dès cette année, suggérant des performances encore supérieures.

LA DIFFICILE TRANSITION D’INTEL VERS LE 10 NM

Mais Intel devance toujours son concurrent dans le domaine du vidéoludique. Le Core i9-9900K reste par exemple un CPU de choix. La firme au logo bleu affiche en outre une excellente santé financière : les résultats font état d’un bénéfice net de 21 Mds $ en 2019. Mais devant ses difficultés à fournir ses clients, Intel a vu notamment les fabricants de PC se détourner de lui au profit du seul rival disponible, AMD, dont les processeurs sortent des lignes de production du fondeur TSMC sans interruption. Certes, la comparaison avec AMD est à nuancer, les technologies employées étant différentes, et les chiffres cités ne reflétant plus la réalité physique. Il n’empêche, la transition vers le 10 nm a accaparé cinq longues années aux ingénieurs d’Intel. Une mutation finalisée, fin 2019, avec les processeurs Ice Lake, destinés aux PC portables, qui seront suivis de la génération Tiger Lake. Concernant le segment du PC de bureau, et a fortiori du PC gaming, l’offensive n’a pas la même ampleur. La gamme Comet Lake-S, prévue ce printemps, sera gratifiée de dix cœurs (pour les CPU les plus puissants), mais sera encore fabriquée selon un procédé à 14 nm. La gravure à 10 nm, elle, se fait toujours attendre. Ce n’est peut-être qu’une bataille de chiffres, mais le « gamer » lui prête toujours un œil des plus attentifs.