Une nouvelle vision de l’affichage numérique

Des technologies inédites permettent aux intégrateurs de concevoir des solutions de digital signage originales et efficaces. Elles devraient favoriser l’essor de ce marché situé à mi-chemin de l’audiovisuel et de l’IT.

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Mar 2022
Par Thierry Bienfait

La présence d’écrans numériques ne fait que croître, aussi bien dans l’espace privé que dans l’espace public. En 2020 à Paris, le Syndicat national de la publicité extérieure (SNPE) en recensait près de 8 000 soumis au droit à redevance perçue par la ville. Des supports de diffusion publicitaire, mais qui peuvent aussi, à l’intérieur des commerces, être dotés de capteurs pour compter les passages ou détecter le genre et la tranche d’âge des personnes, afin de « qualifier l’audience réelle », comme l’explique le SNPE. Outre les capteurs de mouvements, la technologie n’en finit plus d’équiper ces dispositifs d’affichage digitaux, devenus des outils qualitatifs. De fait, les voici devenus un support de communication à part entière. Car en cinq ans, le coût de cette technologie a baissé de 70 % environ. Son schéma économique est viable et le marché de l’écran numérique a pris un nouveau souffle en démocratisant son usage, par les commerçants et artisans, les agences, les restaurateurs, dans les entreprises et les administrations ou bien les établissements médicaux. Il a même pris possession de la rue, des gares, des stades et des lieux culturels. Tous ces utilisateurs trouveront un intérêt à cibler un public à travers les écrans d’affichage dynamique. En effet, les avantages sont nombreux : diffuser une communication auprès d’une population ciblée ; améliorer l’image de sa structure par la modernisation ; se démarquer des concurrents en diffusant des messages plus lisibles ; créer des contenus spécifiques et personnalisés ; retenir l’attention du public par des écrans en vitrine ou en outdoor ; actualiser sa communication en toute simplicité, au moyen d’un seul logiciel ; optimiser la mémorisation des produits et services grâce à des contenus visuels animés ou changeants. Selon les projets, les solutions sont quasiment infinies pour réaliser une installation, en recourant à des écrans de grande dimension ou de formes variées, à des systèmes tactiles ou interactifs, etc. Par ailleurs, la qualité de définition Full HD, 4K voire 8K s’est généralisée.

60 % des points de vente en France sont équipés d’écrans de digital signage

(Source : Markets & Markets)

PILOTAGE À DISTANCE

Enfin, un réseau déployé d’écrans est pilotable à distance, par Internet ou Ethernet, et par des algorithmes de programmation, pour vérifier leur bon fonctionnement ou actualiser en temps réel les informations communiquées selon l’actualité commerciale, les événements, la météo, etc. Dans ce secteur, les acteurs ne manquent donc pas de commandes. En Europe occidentale, les PME spécialisées affichent en moyenne un C.A. supérieur à 1,5 M€, indiquait en 2020, Florian Rotberg, directeur de la société de consulting Invidis. Et malgré les incertitudes liées à la conjoncture, les prévisions pour 2022 sont plutôt bonnes : une croissance de 13 % en France, boostée par une demande toujours forte dans le retail, le corporate et les agences bancaires. Sur le seul marché de la promotion sur le lieu de vente, le digital signage pourrait générer 2 Mds $ ou 3 Mds $ de C.A. d’ici à 2025. Dans le détail, l’institut Markets & Markets se risque à prédire une hausse de 61 % des ventes de LFD (large format displays) associés à un media player et de 58 % des produits pour murs d’images.

La convergence annoncée entre AV IT, IP, IoT et IA repoussera les limites de l’interaction homme machine

SANS LIMITE DE TAILLE, L’ÉCRAN LED ACCROÎT L’IMMERSIVITÉ

En matière d’écrans, tout n’est cependant pas rose. Il faut d’abord veiller à sélectionner des modèles professionnels conçus pour résister aux micropoussières coutumières des lieux de passage. De plus, la question de la robustesse est cruciale. « Si l’on veut garantir à ses clients un ROI satisfaisant, le choix doit porter sur un matériel d’une parfaite étanchéité, et incluant un dispositif de refroidissement à toute épreuve », explique Christophe Billaud, directeur de l’éditeur Telelogos. Une autre difficulté est l’obtention des autorisations administratives pour les installations DOOH (Digital Out Of Home ou publicité extérieure digitale), avec le risque d’essuyer des refus. De nouveaux besoins apparaissent toutefois. La LED, en particulier, permet de mettre au point des produits originaux protéïformes – qui ajoutent une dimension design – ou économiques en termes de consommation électrique. Associé à des capteurs thermiques et des algorithmes de reconnaissance de trajectoires qui rendent interactif l’écran LED, le résultat est souvent bluffant. Résistante, lumineuse et d’un excellent niveau de qualité visuelle,¹ cette technologie s’arroge à juste titre une place de plus en plus prépondérante dans l’affichage dynamique indoor et outdoor. Idéale pour les grandes surfaces d’affichage, car sans limite de taille, elle accroît l’immersivité. Les vidéoprojecteurs sont les seuls capables de lui faire concurrence, avec des modèles équipés d’ultracourtes focales, d’un système d’éclairage laser (donc sans lampe à remplacer) et d’une fonction d’edge blending. Bien évidemment, les réalisations de grande ampleur réclament un budget à la hauteur. Dans ce cas, le cahier des charges est tel qu’une coopération entre un intégrateur AV IT, un éditeur et un bureau d’études s’avère indispensable. En plus, il convient d’acquérir les compétences pour des calages parfois ardus, en recourant à des logiciels et des media servers gagnant en sophistication. Ajoutant à la complexité, l’offre en équipements audiovisuels et en logiciels est abondante et ne cesse de s’étendre. Plus nombreux sont les projets de digital signage, notamment dans l’événementiel ou la muséographie, à comprendre des éléments de réalité virtuelle ou augmentée, avec ou sans casque, autorisant une immersion sans restriction. La prochaine étape technologique est annoncée : la convergence entre AV IT, IP, IoT et IA. Cette association repoussera les limites de l’interaction homme machine. Elle favorisera l’intégration de contenus encore inédits, une nouvelle perception du public avec son environnement, et une plus grande personnalisation de l’expérience audiovisuelle dans les espaces commerciaux, les sites culturels, les showrooms des entreprises, les bureaux de R&D, les écoles, etc. Il faudra alors résoudre la question de la gestion du volume des données.
1 La finesse de pitch descend jusqu’à 0,7 mm pour le haut de gamme.

Susceptible de générer l’attention et la mémorisation maximales d’une publicité, le digital signage répond aussi à un besoin aux toilettes.

20 % seulement des dispositifs diffusent des contenus dynamiques

(Source : Markets & Markets)