Moniteurs professionnels

Les moniteurs professionnels accompagnent l’esprit créatif

Pour être à la hauteur des exigences de leurs utilisateurs, les écrans spécialisés concentrent le meilleur de la technologie d’affichage dans une course à la performance qui tire le segment vers le haut.

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Avr 2022
Par Frédéric Bergonzoli

L’utilisateur recherche une stabilité de l’image, une facilité de calibrage pour coller à l’environnement dans lequel il travaille, et une concordance entre la taille de l’écran et sa résolution », résume José Lazaro, responsable technique chez affichage, l’importateur français des moniteurs Eizo. Voilà comment il décrit les attentes des professionnels dont l’activité implique l’usage du moniteur en tant qu’outil de haute précision, qu’il s’agisse de tâches créatives ou de contrôle. Le haut de gamme s’impose lorsqu’on évoque la restitution fidèle des couleurs, la finesse du contraste et de la luminosité, les angles de vision adaptés, l’optimisation de la surface de travail, la netteté des tracés, la rapidité des traitements et la souplesse des réglages.

Autant de critères qui reposent sur l’excellence de l’électronique embarquée, à traversle choix des meilleurs composants, en particulier la dalle. « La technologie de dalle IPS sort du lot car elle offre les meilleurs angles de vision, un rétroéclairage plus omogène et plus doux au niveau des couleurs. Pour autant, le respect des couleurs n’est pas garanti. Pour obtenir cette fidélité, il faut utiliser une sonde de calibrage, tandis que les technologies de dalle TN et VA sont moins adaptées pour réaliser ces réglages. Car le rétroéclairage latéral du TN qui peut provoquer des distorsions au niveau des couleurs ; quant au VA, il apporte un très bon contraste mais entraîne des couleurs trop vives par rapport au naturel », explique Frédéric Serafin, directeur général d’iiyama France. Ces moniteurs spécialisés n’exigent pas de grandes diagonales d’affichage puisque leurs utilisateurs se placent le plus souvent proches de l’écran, mais ils recherchent la surface de travail la plus étendue.

Comme pour les environnements bureautiques, la taille des modèles varie donc du 27 au 32 pouces, et la résolution 4 K s’impose pour augmenter l’espace de travail. Les surfaces sont planes dans la plupart des cas, mais des modèles incurvés apparaissent. « Il y a débat quant à la déformation de l’image provoquée par un écran incurvé. Dans les métiers de l’image, certains adoptent ce type de modèle et, finalement, cela revient à l’appréciation de chacun. L’écran incurvé est d’abord synonyme de confort, avec un espace ultralarge qui affiche deux fenêtres simultanément », souligne Xavier Aubert, Product Marketing Manager, chez Samsung.
La consommation électrique reste le talon d’Achille de ces moniteurs : même si la plupart des modèles haut de gamme sont certifiés basse consommation, ils sont davantage énergivores que les autres, car assortis de dispositifs de rétroéclairage grâce auxquels il est possible de travailler par une luminosité de 1 000 cd, alors que dans les usages standard correspondent à 400 cd.

LES VERTUS DE LA SONDE DE CALIBRAGE

L’étalonnage d’usine produit souvent des images trop froides, trop contrastées ou trop lumineuses. On recourt alors à une sonde de calibrage, dispositif semblable à un photomètre (photo ci-contre). « Calibrer n écran, c’est le mettre en condition par rapport à une cible. Un imprimeur, par exemple, étalonne son écran par rapport à l’éclairage normalisé sur base duquel il contrôle l’impression avant de la diffuser. Un photographe cherche à conformer son écran à son appareil photo », explique José Lazaro, chez Feeder. Le calibrage fournit notamment un profil ICC, carte d’identité colorimétrique d’un périphérique à partir de laquelle se traduit la couleur attendue pour passer d’un appareil à un autre, et homogénéisée tout au long de la chaîne de traitement.