Graphiste au travail

L’écran élargit sa palette du document aux arts graphiques

Les moniteurs de bureautique s’améliorent en termes de confort et de productivité, jusqu’à imiter les modèles dédiés au graphisme. Mais si les usages se ressemblent, les créatifs choisiront, eux, le haut de gamme.

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Mai 2021
Par Frédéric Bergonzoli

Réaliser l’essentiel de ses activités quotidiennes avec une suite bureautique est une chose. Se servir uniquement d’applications de dessin, de montage vidéo ou de modélisation, en est une autre. Par analogie, le traitement des données ne sollicite pas la même puissance d’ordinateur, tandis que la visualisation des données n’exige pas le même moniteur. La restitution fidèle des couleurs, la précision des tracés, la rapidité des traitements, la finesse du contraste et de la luminosité, l’angle de vision, la surface d’affichage, l’étendue des réglages sont autant de points qui séparent le monde de la bureautique de celui du graphisme. Et pourtant, des attributs communs fédèrent les deux familles. D’abord par l’accès à la très haute définition, dans la plus pure tradition du ruissellement des avancées technologiques, typique de l’IT. La 4K pour traiter du texte, c’est possible, mais est-ce bien nécessaire ? Plus raisonnablement, on constate que le Full HD s’impose la plupart du temps. « Standardisée en 24 pouces, la montée en taille se poursuit. Notons aussi un développement des moniteurs extralarges qui augmentent la surface de travail, car les fenêtres ouvertes sur plusieurs applications l’exigent », ajoute Frédéric Serafin, directeur général d’iiyama France. Les dispositifs antiscintillement et les filtres de lumière bleue participent à ce confort, tout autant qu’une connectique étendue. Tandis que l’ergonomie devient un critère significatif d’achat, qu’il s’agisse des réglages d’orientation et de hauteur des périphériques, de la gestion des câbles ou de l’usage de supports adaptés. Sans parler du design, au moment où le moniteur s’invite à la maison pour le télétravail.

LE MARCHÉ PREND DES COULEURS

Ce segment a connu une accélération due à la crise sanitaire. Tous les fabricants en profitent : spécialistes de la bureautique, du graphisme ou bien du gaming, secteur à la pointe sur le plan technologique. Mais ce regain de croissance sera-t-il soutenu par un train d’innovations ? Pas sûr, tant la technique est poussée dans ses retranchements. Mais déjà, « la grande nouveauté en 2021 sera le MiniLED, une technologie de dalle LED qui offre des contrastes proches de l’OLED, ainsi qu’une meilleure qualité d’image », prédit Thomas Prou, chargé du marketing chez Asus France. « La généralisation de l’USB Type-C sur les écrans graphiques, et celle de l’UHD ou de la 4K assorties d’espaces colorimétriques professionnels, marquent les tendances de l’année », estime, de son côté, Stanislas Boll, responsable commercial graphique et vidéo chez Feeder.

À QUOI CORRESPOND UN ESPACE COLORIMÉTRIQUE ?

Echelle colorimétrique


Critère essentiel pour les créatifs, l’espace colorimétrique d’un moniteur correspond à l’ensemble des couleurs qu’il est capable d’afficher. C’est une notion proche de celle du gamut qui, elle, correspond à un modèle sur lequel se base un espace de couleurs. Il existe deux types d’espaces colorimétriques. Il y a ceux qui dépendent de chaque périphérique – nommés profil ICC –, et ceux qui ne font référence à aucun appareil en particulier. Dans ce dernier cas, les plus connus sont sRVB, Adobe RVB ou encore ProPhoto pour le monde de la photo. Des espaces colorimétriques DCI-P3, Rec. 709 ou Rec. 2020 sont dédiés, pour leur part, au monde de la vidéo