Affichage ecran collaboratif rebondit

L’écran collaboratif rebondit

Forcées de revoir leur organisation, les entreprises s’équipent d’écrans collaboratifs pour maintenir la cohésion des équipes et leur productivité. L’éducation, elle aussi, est en demande.

Sur le même sujet
Mar 2022
Par Frédéric Monflier

Le marché des écrans collaboratifs a été placé sur courant alternatif lors de ces deux derniers exercices. « Nous avons subi une année 2020 très compliquée, avant que les ventes ne rebondissent en 2021, que ce soit dans le secteur de l’entreprise ou celui de l’éducation », indique Charles Lelong, responsable marketing produits, chez BenQ France. C’est le double effet de la crise sanitaire : les confinements successifs ont paralysé la plupart des activités commerciales dans l’affichage, mais l’évolution des modes de travail et les fonds publics stimulent la reprise. « Dans l’éducation, les plans de relance gouvernementaux dynamisent la demande d’équipements dans les écoles, précise-t-il. Le vidéoprojecteur en profite, les écrans collaboratifs aussi. » Dans l’entreprise, le travail à distance favorise leur essor. Car même chez eux, les collaborateurs éprouvent la nécessité de se réunir de façon numérique autour d’un même point central, à savoir l’écran interactif, muni ou accompagné d’un système de visioconférence. Les ventes suivent donc une courbe ascendante, à plus forte raison dans les entreprises sous-équipées. Certains fournisseurs repoussent même les frontières de leur spécialité, à l’instar de BenQ, qui prévoit de lancer une barre de visioconférence.

Portrait de Charles Lelong - BenQ

« Les plans de relance gouvernementaux ont dopé la demande dans les écoles »

Charles Lelong, responsable marketing produits, BenQ France

LA VISIO EN LIGNE DE MIRE

Des écrans individuels se sont développés en parallèle et s’adressent notamment aux télétravailleurs Illustration avec le Studio P21 de Poly, un 21-pouces bien outillé – caméra, haut-parleurs et microphones – pour assurer des sessions de visioconférence de qualité. Doté d’un port USB-C, il se branche sur un PC et se montre compatible avec tout logiciel de communications unifiées. Un produit simple à installer et à configurer, ce qui est significatif en l’absence éventuelle de service IT. Le Webex Desk Mini de Cisco, d’une taille de 15 pouces, a été conçu selon des principes similaires. S’il est destiné à la plate-forme Webex du californien, son équipement audio vidéo, lui, est tout de même identifié par des logiciels tiers, toujours par l’USB-C. À ce propos, la compatibilité avec les nombreux logiciels de communication disponibles sur le marché, bien que la situation se soit améliorée, peut toujours poser des difficultés. Très pratiques, les écrans tout en un (façon Surface Hub) étant donné le succès de ce dernier, occupent de plus en plus les salles de réunion, mais ils sont généralement optimisés pour un logiciel particulier, en l’occurrence Teams pour Microsoft. Des alternatives laissent plus de liberté aux entreprises. « Nous avons travaillé pour intégrer Teamviewer Meeting sur notre SoC [system on a chip] Android, explique Charles Lelong. Mais l’emplacement OPS [open pluggable specification] permet d’ajouter un miniPC et de télécharger Zoom, Teams ou autre. » Le SDM (smart display module), petit frère de l’OPS, a été créé dans la même veine. Et, de façon plus générale, un écran interactif peut toujours être raccordé à un PC externe, même si l’installation sera moins « propre ». Avec cette pandémie, enfin, les aspects sanitaires ont suscité un regain d’intérêt, les surfaces tactiles étant des nids à microbes. BenQ, par exemple, met l’accent sur la résine ion-argent antibactérienne recouvrant ses dalles et sur le capteur d’humidité. « La vapeur d’eau est un substrat où peuvent se déposer les pathogènes », clarifie Charles Lelong. À cela s’ajoute un capteur de CO2, signalant si la pièce nécessite sa ventilation. Ces métriques présentent l’atout d’être exploitables à plus long terme, dans le cadre d’une véritable politique environnementale et du smart building.