Affichage - présentation

Des présentations sur le bout des doigts

Partage simplifié de contenus, collaboration plus fluide, meilleure implication des participants, l’écran tactile redéfinit l’organisation des salles de réunion et des classes.

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Août 2020
Par Frédéric Bergonzoli

Les fournisseurs en sont convaincus, le marché des écrans numériques interactifs (ENI) est en pleine croissance. Encore récente, l’offre répond à un premier équipement en entreprise et dans l’éducation. Les propriétés tactiles de ces moniteurs en font des périphériques de choix pour revisiter les présentations ou les réunions dans les bureaux, et les cours dans les établissements scolaires ou universitaires. Le retail adopte lui aussi ces écrans pour créer de nouvelles expériences client, tout comme le secteur du broadcast et même celui de l’industrie qui cherchent à moderniser leurs infrastructures. L’interactivité de ces dispositifs repose sur deux types de technologies. La plus répandue est l’infrarouge. Dans ce cas, l’écran n’est pas réellement tactile puisque le procédé implique l’émission de faisceaux lumineux infrarouges depuis les bords de l’écran et la reconnaissance de l’emplacement précis où un objet ou un doigt vient briser les rayons qui rasent la dalle. L’autre technologie exploitée est le capacitif projeté, celle-là même qui est mise à contribution sur l’écran des smartphones ou des tablettes. Ici point de lumière mais des champs électriques générés par un maillage de fils transparents intégrés directement dans le verre. L’emplacement du doigt qui touche l’écran est alors détecté par le changement de conduction opéré dans le maillage de fils. Le capacitif est technologiquement plébiscité car il sollicite moins les ressources machine et présente une plus grande réactivité. Il n’est, en outre, pas sensible à l’environnement lumineux ambiant, l’un des grands défauts de l’infrarouge qui a cependant accompli de nombreux progrès sur ce plan. « Mais le capacitif projeté présente un inconvénient : il ne reconnaît que le toucher, autrement dit seulement le doigt mais pas le stylet qui ne génère pas de champ électrique. À moins d’en utiliser un muni d’une gomme pour créer une différence de champ sur l’écran », souligne Franck Sublemontier, ingénieur avant-vente chez NEC. La plupart des fournisseurs possède au catalogue des modèles conçus avec ces deux technologies, quand elle n’en adopte pas une troisième, l’InGlass : « C’est une technologie tactile basée sur des ondes lumineuses injectées dans le verre de base, et des algorithmes qui détectent les perturbations du toucher. En l’absence de capteur tactile dans le verre, la lumière de l’écran n’est pas obstruée ou diminuée mais au contraire parfaitement restituée à travers le verre », explique Zohra Allah, chef de produit Solutions visuelles chez Sharp. L’ergonomie des offres concerne aussi la diagonale d’affichage, qui varie de 55 pouces à 98 pouces pour s’adapter à l’auditoire et aux salles, l’audio embarquée et la connectivité mise à disposition. Celle-ci comprend les connecteurs traditionnels situés à l’arrière des moniteurs mais aussi un module WiFi et un emplacement destiné à accueillir un miniPC. La facilité de prise en main de la solution est tout aussi importante. « Un adulte, un enfant ou une personne en situation de handicap doit pouvoir écrire en petit ou gros, de façon transparente, sans faire appel à des scripts particuliers, ou encore s’appuyer sur l’écran tout en écrivant », illustre Jean-François Slonina, directeur commercial chez Promethean.

Portrait de Zohra Allah - Sharp

« L’InGlass est une technologie tactile basée sur des ondes lumineuses injectées dans le verre de base »

Zohra Allah, chef de produit Solutions visuelles, Sharp

SYSTÈMES D’EXPLOITATION ET MOBILITÉ

Au sein des dispositifs, les systèmes d’exploitation fournissent l’intelligence et l’évolutivité des écrans vantées par les fabricants. Android d’un côté, souvent gravé dans un SoC, Windows de l’autre, plutôt exécuté depuis un miniPC, sont les OS les plus répandus mais d’autres options existent. « Nous exploitons une intelligence propriétaire grâce à laquelle notamment les solutions sont gérées à distance par la DSI, mais aussi un web browser qui facilite un accès au cloud, à Office 365, en particulier », précise Anne Stoll, Group Marketing Manager, Display Division chez Samsung. Si la possibilité d’adjoindre des apps prêtes à l’emploi et des applications métier enrichit l’environnement de travail, la mobilité des dispositifs s’impose aussi comme le déclencheur de nouveaux usages.

Florie-Vespier-Microsoft

« N’importe quel endroit devient un espace de collaboration grâce au support mobile de l’écran »

Florie Vespier, chef de produit Surface, Microsoft

« Notre offre se veut un outil ultime de collaboration en salle de réunion, mais aussi au-delà, grâce au support mobile de l’écran alimenté par une batterie. N’importe quel endroit se transforme alors en espace de collaboration », souligne Florie Vespier, chef de produit Surface chez Microsoft. En tant que moniteurs haut de gamme, les ENI répondent également à des critères de choix exigeants sur le plan de la restitution de l’image. La 4K est, par exemple, de mise en termes de résolution, tandis que les angles de vision, le contraste et la luminosité ou encore les temps de réponse sont largement optimisés. Sans parler de la technologie LED qui prend le pas sur le LCD et la robustesse des modèles. « Nous garantissons ces moniteurs cinq ans pour une utilisation quotidienne de dix-huit heures, ou trois ans lorsqu’ils ne sont jamais éteints », résume Frédéric Serafin, directeur générald’iiyama France. Les développements portent sur une interopérabilité plus fluide des contenus affichés. « Les solutions évoluent au niveau logiciel pour s’adapter aux environnements. Certains utilisent des applications sous Android, d’autres des logiciels PC, tout l’enjeu est de faire cohabiter de façon transparente ces environnements et de les interconnecter, pour que l’écran tactile devienne tout-terrain », indique Charles Lelong, chef produit chez BenQ

Franck-Sublemontier-NEC

« Le capacitif projeté reconnaît le toucher mais pas le stylet »

Franck Sublemontier, ingénieur avant-vente, NEC