Rétroprojecteur

Davantage de verticalisation autour du vidéoprojecteur

Après une année médiocre due à la pandémie, le marché du vidéoprojecteur pourrait repartir en se focalisant sur des usages liés à l’immersion ou au mapping. Des secteurs plus rémunérateurs pour les intégrateurs spécialisés.

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Mai 2021
Par Benoît Huet

Comme le rappelle Julien Cialis, Business Manager Pro Displays chez Epson, le marché de la vidéoprojection couvre un large spectre. De la salle de réunion en entreprise à un amphithéâtre dans une école ou une université, en passant par l’affichage dynamique et l’événementiel, le vidéoprojecteur répond à beaucoup d’usages, même si la pandémie pèse sur les ventes car des secteurs entiers sont à l’arrêt. En temps normal, il s’écoule environ 234 000 unités¹ tous secteurs confondus, le marché de l’éducation étant l’un des plus importants dans l’Hexagone. D’une manière globale, le segment connaît en France une décroissance d’environ 5 % depuis quatre ans. Un domaine principalement touché par le secteur corporate, en partie compensé par la bonne tenue du home cinema, de l’image immersive et du mapping (comme celui de la Fête des lumières, à Lyon). En outre, ce périmètre est également très concurrentiel. Certains, comme Panasonic, Barco et Christie, se placent sur les fortes puissances. D’autres, plus sur le corporate et l’éducation comme Epson (40 % du marché), BenQ, Optoma, etc., sans oublier le home cinema avec, entre autres, Sony ou JVC.

« Nous maintenons un certain niveau de marges avec nos partenaires, tout le monde doit s’y retrouver»

Julien Cialis, Business Manager Pro Displays, Epson

PLUS ÉVOLUÉ TECHNOLOGIQUEMENT

Les améliorations concernent la source lumineuse qui fait la part belle au laser (plus de 80 % du marché) au détriment des lampes classiques appelées à disparaître. « La durée de vie d’une lampe à mercure varie de 3 500 heures à 5 000 heures, contre 20 000 heures à 30 000 heures pour le laser. On peut moduler la luminosité d’une source laser pour accentuer sa longévité », précise Julien Cialis, chez Epson. De plus, le laser rend les vidéoprojecteurs plus silencieux. L’ultracourte focale² est également appelée à se généraliser dans les vidéoprojecteurs en B2B et B2C. Cette technologie est d’autant plus bénéfique que les surfaces auront tendance à diminuer dans le temps.

HAUTE LUMINOSITÉ POUR DES USAGES DÉDIÉS

Une autre tendance se dégage des vidéoprojecteurs, c’est la haute luminosité. Panasonic avait, par exemple, annoncé un modèle en tri-DLP (PT-RQ50K) capable d’afficher 50 000 lm en résolution native 4K. La particularité de ce modèle est sa compacité. De son côté, Barco arrive à atteindre les 60 000 lm avec le XDL-4K60. Ces vidéoprojecteurs en haute luminosité ouvrent de plus en plus la porte aux salles immersives³. Ces nouveaux marchés représentent des opportunités pour les revendeurs qui augmenteront leurs marges par des prestations teintées de plus de valeur, autour du contenu et de l’installation. « Par notre positionnement sur la haute résolution, nous raisonnons en mode projet où le vidéoprojecteur n’est qu’un élément de la chaîne comme l’audio », souligne Fabien Hureau, responsable de la division Visual, chez Panasonic. À ce titre, le fabricant travaille avec le grossiste Algam (outre Sidev, FVS et EET) plutôt spécialisé dans le matériel de musique. Cela dit, plus généralement, le niveau de marge des vidéoprojecteurs, même dans le cadre du volume, est meilleur que celui des écrans.

¹ En 2019, 234 000 unités contre seulement 188 000 en 2020 à cause de la pandémie (source : FutureSource)
² L’ultracourte focale est utilisée pour projeter une image de 1 m à un peu plus de 30 cm
³ À Bordeaux, une ancienne base sous-marine allemande de la Seconde Guerre mondiale a été transformée en espace culturel.