Poignée de mains

Le Device As a Service fait des petits dans l’infrastructure

Longtemps proposé comme une simple alternative, le Device as a Service prend une place de choix dans la stratégie des grands constructeurs de PC au point de voir son modèle s’étendre à l’infrastructure.

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Jan 2022
Par Vincent Verhaeghe

C’est un changement qui a valeur de symbole : sur le portail de cotation que Lenovo propose à son channel pour les aider à ficeler leurs projets, on remarque, depuis septembre 2021, qu’une option propose le mode DaaS. « Le partenaire choisit ses produits, définit les services qu’il veut y ajouter, on évalue les loyers, et le tout passe dans une phase de validation de crédit qui prend vingt-quatre heures, au grand maximum », explique William Biotteau, directeur channel et SMB de Lenovo France. De quoi démocratiser encore plus le DaaS auprès de revendeurs. Les grands constructeurs de PC ne s’y trompent pas, car si tous disposent depuis longtemps de leurs propres cellules de financement pour catalyser ce modèle de commercialisation, elles ne sont plus réservées aux ventes directes aux grands comptes ou à celles qui passent par les corporate resellers. Elles s’ouvrent plus volontiers à des projets et des appels d’offres de moindre envergure. Les entreprises clientes sont, pour une grande partie, convaincues de l’intérêt de passer par le leasing ou le financement auprès des marques, même s’il reste encore des écueils à surmonter. « Les pays anglophones n’ont pas le même regard sur la propriété. Voici un domaine sur lequel nous nous situons un peu hors normes en France, où on a toujours tendance à vouloir acheter et posséder le produit. Dans les TPE voire les PME, de nombreuses ventes se concluent encore à travers le retail », remarque, de son côté, Vincent Leroy, directeur marketing Dynabook Europe. Toutefois de nouveaux facteurs changent la donne : la pénurie de composants et la gestion du cycle de vie des produits. Les entreprises expriment leur besoin en visibilité sur les délais de livraison, et favorisent l’écoresponsabilité dans leurs appels d’offres. Le DaaS intègre ces perspectives car il permet d’anticiper les besoins et donc d’optimiser la production. Et à travers la valeur résiduelle des produits, il génère un cercle vertueux de récupération, valorisation et reconditionnement.

Deux facteurs nouveaux changent la donne : pénurie de composants, et gestion du cycle de vie des produits.

EVERYTHING AS A SERVICE

Dans la foulée du DaaS, l’infrastructure IT change aussi de paradigme chez les grandes marques. Apex chez Dell, TruScale chez Lenovo : ces offres se calent chacune à leur manière sur le modèle du coût à l’usage qu’on peut rapprocher du leasing. Apex de Dell – évolution de Flex on Demand – cible surtout le stockage, car voilà un secteur qui offre le plus de souplesse. Grâce à un accord passé avec Equinix, Dell dispose de moyens significatifs de stockage dans le cloud que les entreprises clientes exploiteront en fonction de leurs besoins. L’ensemble étant géré par une console dédiée qu’un partenaire prendra en charge, éventuellement. Trois niveaux de performance sont proposés pour des contrats dont la durée s’étend d’un à trois ans. Lenovo pousse le concept plus loin avec TruScale, car toute la couche d’infrastructure est concernée par le coût à l’usage. « De même que nous avons démocratisé le DaaS, nous sommes entrés dans l’ère de l’Everything as a Service, et le channel doit se mettre au diapason », résume William Biotteau, chez Lenovo.Cette dernière propose plusieurs niveaux d’implication pour ses partenaires selon la profondeur de services qu’ils sont aptes à déployer et monitorer. Tandis que TruScale bénéficie d’accords stratégiques passés par Lenovo avec les grands acteurs du cloud tels que Nutanix, VMware ou Microsoft.