location financiere fer de lance de la trésorerie

La location financière, fer de lance de la trésorerie

Malgré une année imprévisible et chaotique, le marché de la location financière reste optimiste. C’est le bon moment pour les loueurs et leurs partenaires pour toucher les sociétés qui aspirent à un peu d’air financier.

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Juin 2021
Par Cécile Dard

Le leasing est un mode de financement qui s’impose en Europe avec 415 Mds € en 2019, et un taux de pénétration de 30 % d’après les derniers chiffres de l’ASF (Association française des sociétés financières). Cette croissance a naturellement connu un coup d’arrêt en 2020. « Après six années de croissance ininterrompue, l’activité a reculé de 8,5 %, à 29,2 Mds € en France [contre 31,9 Mds € en 2019], déclare Jean-Marc Vilon président de l’ASF. C’est la première fois que l’on constate une contraction en onze ans d’activité des sociétés d’affacturage, et cela à – 7,5 % ». La baisse a été cependant moins prononcée pour les opérations de location simple que pour les financements par location avec option d’achat (respectivement – 5,9 % et – 10,4 % par rapport à 2019). L’ASF se veut rassurante en évoquant la reprise dès le quatrième trimestre 2020, et la location financière – plus largement, toutes formes de leasing – sont de beaux outils pour sortir de la crise. « Une vague de demandes de reports d’échéances a eu lieu lors du premier confinement, mais nos adhérents se sont mobilisés afin d’accompagner les entreprises. Ces délais sont en grande majorité parvenus à échéance, et les remboursements des crédits ont repris sans incidents », souligne François Camilleri, président de la commission crédit-bail de l’ASF. Ils ne sont pas les seuls optimistes du secteur, et les loueurs de ce dossier sont même assez philosophes après ces derniers mois incertains. « En 2020, le métier informatique sort grand gagnant de la crise. Le cabinet IDC annonce + 13 % sur le marché des PC fixes, portables et tablettes et les investissements dans le cloud se sont accélérés. Cela devrait continuer en 2021, assure Alain Escoffier, P.-D.G. de BNP Paribas Leasing Solutions. Les entreprises ont dû mettre à disposition de leurs collaborateurs des produits mobiles. Elles ont été obligées d’investir en 2020 dans leur IT, et la seule façon d’investir sans cash, c’est de louer ! » Même constat chez Mile où son président, Arnaud Rouillier, reste positif malgré le contexte. « Les situations de crise mettent souvent en évidence les offres pérennes et solides : les prestataires informatiques et leurs clients ont accentué le virage pris vers la location, dont la souplesse et la richesse des services associés sont plus que jamais plébiscités. » Le président constate que beaucoup d’entreprises font évoluer leur parc d’ordinateurs fixes vers des portables, et c’est pour lui une autre bonne raison de choisir la location car elle permet cette transition sans à-coups budgétaires.

Les parcs d’ordinateurs fixes migrent vers des portables : voilà une autre bonne raison de choisir la location car elle assure la transition sans à-coups budgétaires.

PRÉPARER LA REPRISE EN RECONSTITUANT SES LIQUIDITÉS

En 2021, la location financière, le leaseback et l’affacturage s’avèrent plus que jamais des outils puissants pour reconstituer sa trésorerie. « Nous avons un rôle à jouer pour accompagner la reprise. L’ensemble des charges a été décalée, mais il va falloir commencer à rembourser et reprendre le cycle d’exploitation, retrouver l’allure et anticiper les achats. On constate déjà un frémissement malgré un climat d’incertitudes. L’anticipation est essentielle, et malgré le peu de visibilité, il faut assurer la trésorerie d’après-demain confirme Jean Revault, directeur de la relation clients chez Factofrance. D’après les loueurs financiers, c’est le bon moment pour leurs partenaires de mettre en avant les avantages de la location financière pour redonner de l’air aux entreprises, alors que le recours aux prêts garantis par l’État devrait cesser. « Les entreprises vont devoir rembourser l’Etat, ce qui risque de faire un trou dans les trésoreries, le seul moyen d’investir sera de se tourner vers la location », prévient Alain Escoffier, chez BNP Paribas Leasing Solutions. En 2021, la recherche de liquidité devrait donc augmenter, et la location financière jouera son pleinement rôle car elle permet aux sociétés d’étaler leurs charges de trésorerie sans constituer d’emprunt. « “Cash is king !” La location financière a toujours été l’outil le plus adapté aux équipements informatiques car ils montrent un fort taux de vétusté. Cet outil renforce sa pertinence cette année avec l’augmentation du taux d’endettement des entreprises, explique le directeur général de Globalease, Alexandre Fillières. Cela permettra aux sociétés de financer leur redémarrage et leur croissance. » Car le rebond arrive, tous en sont persuadés, « Il faut investir aujourd’hui pour profiter du redémarrage en premier. Demain personne ne va retirer la couverture, il faut donc en profiter, on n’a jamais eu autant d’aides ; préparons-nous à profiter du rebond », assure Laurent Desplaces, directeur général de Leasecom.

L’ASF envisage une reprise grâce au leasing, qualifié de bel outil pour sortir de la crise.

Jean-Marc Vilon, président de l’ASF

Grâce à la location financière les entreprises étalent leurs charges de trésorerie sans contracter d’emprunt.

L’E-SIGNATURE PARACHÈVE LA DISPARITION DU CONTRAT SUR PAPIER

Si l’activité des loueurs et de leurs partenaires n’a pas connu d’interruption pendant la pandémie, c’est grâce à la numérisation de leurs procédures. La plupart des loueurs était prête pour le tout-numérique. La mise en place récente de l’e-signature a facilité la transition, et les partenaires les plus réticents s’y sont finalement mis. « Plus de 80 % des contrats sont signés par voie électronique, une tendance bien sûr accélérée par la crise sanitaire. Tout se passe ainsi en interne et en externe ; nous avons gagné quelques années dans la transformation numérique des entreprises », se réjouit Cyril Marlaud, P.-D.G. de Realease Capital. Boudée par les partenaires revendeurs des loueurs financiers, l’e-signature s’est retrouvée sur le devant de la scène comme outil de l’année dans un monde devenu distanciel. Résultat, de 40 % à 90 % des contrats sont e-signés selon les loueurs qui visent le tout-numérique dans la relation partenaires ou clients, malgré des résistances persistantes. « La prise d’ordre sur papier continue bien sûr sur des coins de bureau, confie Michel Constant, président de Nanceo. Certains partenaires n’ont pas encore atteint le niveau pour passer au tout-numérique, notamment sur les bons de commandes, mais cela reste une tendance forte et irréversible ». En effet, les chiffres s’envolent. Chez Grenke, par exemple, l’e-signature est passée de 31 % en 2019 à 48 % en 2021, une part qui monte à 80 % chez Global Financial, et même à 90 % chez ASF Consulting. « Dans ce contexte l’acceptation a été massive, pas de retour en arrière possible, le papier est devenu marginal », s’enthousiasme Hervé Marron, P.-D.G. d’ASF Consulting. Tous mettent en place des parcours numériques avec plate-forme en ligne pour saisir les demandes, réaliser les simulations financières, transmettre les pièces, prendre les décisions et signer sans jamais avoir besoin de se voir. « L’e-signature et le digital sont passés du nice to have au must have ! », s’amuse Alain Escoffier. Le loueur travaille pour mettre en place, en 2021, un parcours numérique complet pour ses partenaires, ses clients et ses collaborateurs. L’objectif est que 100 % des contrats soient e-signés pour arriver au zéro papier en 2025. Pour accélérer la transformation, le loueur a mis en place une action RSE avec l’association Re Forest Action grâce à laquelle un contrat e-signé engendre la plantation d’un arbre au Pérou.