Harry Zarrouk - Komposite

Komposite, la transformation numérique sur mesure

Fondée dans les années 1980 où la société francilienne enait une activité d’intégrateur réseau puis stockage, elle réalise en 2018 une reconstruction réussie en se concentrant sur le consulting.

Sur le même sujet
Sep 2019
Par Vincent Verhaeghe, photos Jim Wallace

Le reportage sur Komposite aurait été très différent s’il avait eu lieu dix-huit mois plus tôt. Car, depuis l’arrivée d’un nouveau comité de direction en 2018, l’entreprise est devenue une société de conseil pour la transformation numérique, loin de son positionnement d’origine. Ingénieur de formation avec un diplôme en génie logiciel décroché au Cnam, Éric Alimi fonde la préquelle de Komposite, CSC informatique, en 1988. Son objectif : répondre aux problématiques d’infrastructure réseau rencontrées par ses clients. Le succès et la croissance sont tout de suite au rendez-vous. Tandis que dans les années 1990, le réseau n’est plus que marginal, l’activité de l’intégrateur évolue vers la gestion de la donnée, et notamment le backup et le stockage qui deviennent son cœur de métier. « Les intégrateurs travaillent alors surtout avec les fabricants de serveurs, tandis qu’arrivent des pure-players du stockage comme EMC ou NetApp. Éric Alimi sent qu’il y a là un marché pour un acteur qui se spécialiserait dans ce domaine », explique Harry Zarrouk, Chief Operations Officer de Komposite, nom que prendra CSC Informatique en 2002. Trente ans après, Éric Alimi est toujours à la tête de Komposite mais c’est un dirigeant qui fait de la discrétion un sacerdoce, Harry Zarrouk endossant – entre autre – le rôle de porte-parole. « Nous sommes un peu le yin et le yang », plaisante-t-il. Les chemins des deux hommes se croisent dans les années 2000 alors qu’Harry Zarrouk monte la filiale française et le réseau de partenaires du fabricant de baies de stockage Pillar Data Systems. Parmi les partenaires Gold du constructeur, on retrouve Komposite qui, pour la première fois de son histoire, favorise une marque. « Jusqu’ici notre stratégie consistait à être agnostique vis-à-vis des marques, en préférant des constructeurs challengers. »

Faciliter la mutation en s’appuyant sur les vertus qu’elle engendre, et sans s’attarder sur les contraintes

DES CHANGEMENTS DE CAP DONT PROFITENT LES CLIENTS

Une politique qui évolue car, en 2011, Pillar, racheté par Oracle via le fonds d’investissement Tako Ventures de Larry Ellison, conduit Komposite à travailler avec Oracle sur la partie infrastructure de stockage1. Après cette acquisition, Harry Zarrouk accède chez Oracle à la direction de la filiale française, et à la vice-présidence de l’Europe du sud. Mais il garde un lien de proximité avec Komposite, appréciant notamment sa dimension humaine et ses capacités techniques de pointe. Du côté de l’intégrateur, le partenariat avec Oracle incite les collaborateurs à développer des compétences pour s’adapter au portfolio du géant. Et Komposite, malgré sa taille modeste, se place dans le top 3 des partenaires sur la partie cloud et infrastructure. Pendant les quinze années suivantes, la société francilienne affiche des résultats positifs. Mais loin de se reposer sur ses lauriers, Éric Alimi estime en 2016 qu’il faut de nouveau faire évoluer son affaire notamment pour se caler sur les problématiques de transformation digitale que rencontrent tous ses clients ETI et grands comptes. Il ouvre alors le capital à un fonds d’investissement détenu par Natixis pour échafauder un plan de croissance externe. Même si cette période est celle des consolidations à tout-va, Komposite ne trouve aucune entreprise à acquérir cochant toutes les cases. Dans le même temps, Harry Zarrouk après plus d’une décennie chez Oracle cherche un nouveau défi, et est, lui aussi, conscient que la transformation numérique fait entrer les intégrateurs dans un autre univers. « La première étape de la transformation est la cartographie du patrimoine numérique. Il n’est pas question de tout remplacer mais de bien savoir ce dont on dispose, pour changer ce qui doit l’être. Mais quand on travaille pour une très grande marque, on analyse cet acquis de façon plus subj ective qu’un intégrateur doté d’une vision globale et agnostique, car on opère sur des solutions, et non sur des produits », explique Harry Zarrouk. Ce crédo rejoint les aspirations d’Éric Alimi quant à l’évolution de Komposite, et c’est presque naturellement qu’Harry Zarrouk arrive en janvier 2018 chez l’intégrateur en tant qu’actionnaire, accompagné d’un nouveau comité de direction où siègent des anciens d’Atos et… d’Oracle. « La mission de Komposite se résume simplement : faciliter la transformation des entreprises en s’appuyant sur les vertus qu’elle engendre, et sans s’attarder sur les contraintes. Cette mutation est inéluctable, et la considérer comme un mal nécessaire ne sera forcément pas bien vécu. Il faut aussi intégrer qu’elle est orthogonale à toute logique de profitabilité à court terme, mais que sans elle une société risque de disparaître. » Pour lui, s’ouvre une ère de globalisation de la clientèle avec une audience illimitée et un besoin de mettre à disposition les données en temps réel, et partout. « Voilà qui est impérieux car les clients ne menacent plus de partir. Ils partent. » Elle implique aussi l’intégration d’outils pour le nomadisme et le collaboratif.

Harry Zarrouk - Komposite
Harry Zarrouk, Chief Operations Officer de Komposite, est convaincu que s’ouvre une ère de globalisation de la clientèle avec une audience illimitée, et un besoin impérieux de mettre à disposition les données en temps réel, et partout.

KOMPOSITE PREND SON ENVOL AVEC PLANNER

Pour appuyer son discours, Komposite dispose d’un atout avec Global Digital Planner : une méthodologie fondée sur le logiciel éponyme. Fonctionnant sur la base d’agents déployés dans l’infra et doté de fonctions d’IA, Planner réalise l’inventaire global du SI d’un client en y intégrant non seulement le matériel mais aussi des données de métrologie pour connaître les performances et identifier les flux entre les équipements. « Avec Planner, la collecte de ces informations va dix fois plus vite. Nos consultants se consacrent donc davantage à l’apport de solutions qu’à la réalisation d’audits. » Depuis la mise en place de cette stratégie, Komposite a doublé ses effectifs, et sur ses 39 collaborateurs, 70 % sont des consultants. L’ESN travaille avec des collaborateurs indépendants sur des projets plus verticaux. Avec ce puissant outil d’analyse, Komposite propose à ses clients une approche hybride de la transformation combinant la valorisation du SI existant et son évolution vers les nouvelles technologies. Ici, l’ESN endosse à nouveau son rôle d’intégrateur en s’appuyant sur les solutions de ses marques partenaires pour proposer ses prestations. Si elle reste globalement agnostique, certains fournisseurs ont bien entendu ses faveurs. Outre Oracle, pour les raisons citées plus haut, on retrouve Huawei pour le stockage Flash, Nutanix pour sa capacité à simplifier l’IT, Fortinet pour la sécurité, et Rubrik pour la gestion des données et du backup dans le cloud. Des marques qui s’associent volontiers aux événements organisés par Komposite puisqu’elles sponsorisent, par exemple, sa soirée du 10 septembre 2019 avec plus de 200 clients et prospects invités. Si le consulting est devenu prégnant, la technologie reste dans son ADN. Exemple : Komposite a mis en place une CreaRoom où les solutions sont testées et référencées par ses ingénieurs. Voilà l’illustration parfaite du message qu’elle transmet à ses clients, Komposite tire les bénéfices de sa propre transformation. En deux ans, le C. A. est passé de 10 M€ à 19 M€, et elle s’apprête à intégrer de nouveaux locaux sur l’avenue des Champs-Élysées.

¹ Hasard du calendrier : Oracle annonçait le 19 août 2019 le démantèlement de Pillar Data Systems.

ZOOM SUR KOMPOSITE

Création : 1988 par Éric Alimi sous le nom CSC Informatique
C.A. : 19 M€ (à juin 2019)
Effectif : 39
Métier : conseil et déploiement en transformation numérique
Principaux fournisseurs : Oracle, Huawei, Nutanix, Fortinet, Rubrik
Marchés ciblés : ETI et grands comptes