Caméra de vidéosurveillance

Une meilleure protection dans l’objectif

Conséquence de la Covid-19, le secteur de la sécurité a connu deux années difficiles. Mais ses recettes devraient connaître un nouveau boom, comme le montre le dynamisme du salon ExpoProtection organisé par Reed Expositions qui a réuni 14 000 professionnels.

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Déc 2022
Par Thierry Bienfait

Impossible d’imaginer l’arsenal de la protection des biens et des personnes dans l’espace public ou privé sans le recours aux caméras et aux systèmes de contrôle d’accès numériques.

En 2018, les instituts d’études annonçaient d’ailleurs pour les revendeurs et intégrateurs sur ce marché, une augmentation de leur C.A. à un rythme moyen de 13,1 % par an jusqu’en 2023 au moins. Selon ces prévisionnistes, les recettes dans l’Hexagone devaient passer de 34 Mds € à 63 Mds € dans l’intervalle.

Mais patatras ! La pandémie est arrivée. Et la nécessité de s’équiper pour faire face à la montée des risques terroristes et de la délinquance a cessé d’être considérée comme prioritaire. Ainsi, en 2020 et 2021, la filière a dû faire face à une chute de son activité, avoisinant – 40 %. Un revers de fortune qui s’est soldé par un C.A. global n’excédant pas 32 Mds €.

Après ces deux années décevantes, le marché a néanmoins profité d’une timide reprise en 2022, malgré le contexte de récession économique. À en croire les auteurs de l’édition 2022 de l’atlas intitulé En toute sécurité, la période pourrait finalement se conclure sur une hausse du C.A. de la profession atteignant 5,2 %. Dans le détail, les meilleurs résultats seront réalisés par les métiers de l’alarme intrusion (+ 8,9 %), le contrôle d’accès (+ 8 %), la cybersécurité (+ 8,7 %) et la vidéosurveillance (+ 6,9 %).

Apport indéniable de l’intelligence artificielle

En matière de vidéoprotection, le rebond est porté par la montée en puissance de l’I.A. et du deep learning, utilisés pour détecter des événements, trier, croiser et hiérarchiser les données relevées, anticiper des incidents ou mutualiser les infrastructures de contrôle. « Les caméras détectent des situations prédéfinies, créent des alertes ou définissent des périodes à risques », explique Marc Decombas, du Groupement professionnel des métiers de la sécurité électronique (GPMSE).

L’I.A. peut en faire beaucoup et vite, comme suivre des individus à travers un réseau de caméras. « Mais les coûts peuvent être élevés car elle requiert une puissance de calcul significative, dans les matériels eux-mêmes ou dans le cloud. »

« Une bonne caméra de vidéosurveillance garantit un MTBF de plusieurs années »

Marc Decombas, Groupement professionnel des métiers de la sécurité électronique (GPMSE)

Charge de travail allégée

En outre, la puissance analytique de l’I.A. est à notre disposition pour accélérer et simplifier l’analyse des flux vidéo. « La reconnaissance faciale n’est qu’un usage, parmi beaucoup d’autres, des capacités d’analyse de l’I.A., insiste Marc Pichaud, cofondateur et gérant de l’organisme de formation Just Do IP.

Des algorithmes sont développés pour effectuer de la reconnaissance autre que biométrique, par exemple en détectant qu’une personne porte tel ou tel équipement qui l’autorise à accéder à une zone déterminée. » En matière de dispositifs de vidéosurveillance ou de systèmes anti-intrusion, l’I.A. présente également l’avantage de générer peu de fausses alarmes.

Toutes ces technologies réduisent considérablement la charge de travail des opérateurs de sécurité. « On divise par quatre le temps alloué à l’analyse humaine des vidéos grâce à l’I.A., ajoute Marc Decombas. Un atout déterminant dans le contexte économique dégradé que connaît un secteur de la sécurité privée sous tension. » En effet, la hausse du coût des agents de sécurité et celle des carburants obligent à choisir des solutions techniques intelligentes et performantes afin d’en réduire l’impact.