Portrait de Simon Blake - Vertiv

Les Datacenters en manque de talent

Si le monde de la tech attire les jeunes diplômés, certains de ses aspects peinent à recruter. C’est le cas des centres de données. Une situation paradoxale, car ces bâtiments sont au coeur du numérique.

Sur le même sujet
Oct 2020
Par Simon Blake, Director of Content Strategy, Vertiv EMEA

Le secteur des data centers est confronté à une véritable pénurie de compétences, et cette situation risque de prendre une tournure alarmante. Les entreprises peinent en effet à trouver les bons candidats, alors que la moitié du personnel va prendre sa retraite – au plus tard d’ici à 2025. Cette tendance se lit déjà dans les chiffres¹. Environ 20 % des personnes interrogées pointent une difficulté à fidéliser le personnel, contre 17 % en 2018. Par ailleurs, plus de 40 % d’entre elles ont du mal à trouver des diplômés qualifiés, contre 38 % en 2018. Les ingénieurs d’aujourd’hui, et surtout les diplômés des grandes écoles, sont en position de force car s’offre à eux à un large éventail de débouchés. Les entreprises doivent donc rivaliser d’ingéniosité pour attirer les meilleurs profils dont la demande augmente à un rythme accéléré.

« Recruter hors secteur des professionnels dotés d’une expérience en environnement critique »

DÉMONTRER L’ATTRAIT DU SECTEUR

Outre le manque de talents, le peu d’attraction que manifestent les data centers joue un rôle non négligeable dans cette crise. Les diplômés ont grandi aux côtés de géants comme Netflix, Uber et AirBnb réputés «cool players ». Les responsables des centres de données doivent faire comprendre aux jeunes qu’il existe une relation entre le monde numérique dans lequel ils vivent, et le fait que les data centers en constituent l’armature. Un autre moyen de combler le déficit de compétences consiste à envisager de manière plus large la sélection des talents. Ainsi, le manque de mixité porte un préjudice à long terme au secteur. Une enquête de l’Uptime Institute affirme que 25 % des cadres interrogés ne comptent aucune femme parmi leur personnel de conception ou d’exploitation. Il y a là un sujet à creuser. Mais ce n’est pas tout : pour favoriser la diversité des talents, le plus grand défi n’est pas de les recruter, mais de les fidéliser. Il faut envisager l’embauche d’employés et de cadres en dehors du secteur des data centers, par exemple dans l’industrie pharmaceutique
et la pétrochimie. Ces profils possèdent en effet des compétences similaires à celles des professionnels des data centers, en raison de leur expérience dans un environnement critique. Un historique précieux qui leur sera utile.

LA ROBOTIQUE ET L’IA NE FONT PAS TOUT

Une autre solution pour remédier au déficit croissant de compétences consiste à utiliser des technologies telles que la robotique et l’intelligence artificielle pour automatiser les tâches. De nombreuses entreprises ont déjà recours à cette automatisation, à l’intelligence artificielle et au machine learning pour pallier les manques. Google, par exemple, utilise des robots pour remplacer, ou mettre hors service des disques durs. Si ces technologies émergentes ont un rôle important à jouer, elles ne constituent pourtant pas la solution ultime. À mesure que la transformation numérique s’intensifie, le secteur des data centers s’appuie sur des collaborateurs hautement qualifiés pour stimuler l’innovation, et répondre aux dynamiques de marché, ellesmêmes en évolution rapide. Il ressort de ces réflexions que les data centers n’ont pas vocation à demeurer les parents pauvres de l’IT, en tout cas les moins attractifs. Que ce soit dans la technique, l’écologie et bien sûr la promesse d’emplois gratifiants, ils renferment les atouts nécessaires pour constituer un vivier d’innovations. Au moment où la robotique et l’intelligence artificielle explosent, le moment est venu de familiariser les fournisseurs, partenaires et clients avec les centres de données. Ils forment aujourd’hui, et pour longtemps, le socle de l’économie contemporaine.

Bio Express

Dans toutes ses expériences, Simon Blake marque une dilection profonde pour la science et la technologie. Ce goût complété par une appétence pour le marketing et l’innovation, est présent dès ses années de formation. Après un cursus universitaire complet, Simon Blake se passionne pour l’industrie, notamment au sein d’Emerson Network Power, qui changera de nom pour Vertiv.